samedi 22 février 2014

La porte dans la forêt

Ont franchi la porte dans la forêt,
Les petits lutins et les grands benêts,
Les gentils lapins et les gros bonnets,
Les jolis bambins et les gras babouins,
Les mignons gamins et les gais marsouins.

Ont franchi la porte dans la forêt
Les champignons vénéneux que l’on prend pour bonbon,
Les jolis chapeaux ronds des fourmis tourbillons,
Les vielles sorcières de balcon qui cherchent leur chaudron,
Les vieux dragons tout ronds, qui sautent jusqu’au plafond.

Ont franchi la porte dans la forêt,
 Les abeilles endormies qui mangent trop de miel,
Les papillons violets qui rasent les pâquerettes,
Les sauterelles toutes vertes qui courent sur le gazon,
Les arbres trop petits qui veulent voir l’horizon,
Les feuilles qui s’envolent quand le vent les racole,
Les bûcherons sauvages qui perdent leurs outils
Et s’en vont des campagnes couper les arbres en ville.

Ont franchi la porte dans la forêt,
Les belles tourterelles qui cherchent plus loin leur nid,
Les gros pigeons tout gris qui finiront rôtis,
Les lunettes de grand-père perdues dans la nuit,
Les allumettes éteintes qui ne veulent plus d’ennuis,
Toutes les sales petites bêtes qui vers l’homme, s’enfuient.

A franchi la porte dans la forêt, un soir de bel été,
Un amour évanoui tout près de s’échapper,
Une donzelle affamée qui lui courrait après
Et qui s’est épuisée à vouloir rattraper
Des lambeaux de souvenirs
Sans aucun avenir… 

dimanche 9 février 2014

Au carrefour...

Au carrefour de la chance, tout doucement j’entre en transe…
Au carrefour de la danse, tout simplement, je balance
D’un côté, puis d’un autre, les «on dit », les violences…
D’un côté, puis d’un autre, je fonce yeux fermés, dans la providence…

Au carrefour de l’enfance, je cours, je vole, jusqu’à l’errance…
Au carrefour des incohérences, je me casse la tête à outrance…
D’un côté, puis de l’autre, je cherche encore mon insouciance…
D’un côté, puis de l’autre, j’explose ma tête d’inconscience…

Au carrefour des apparences, je refuse d’être en résonnance…
Au carrefour des espérances, je clame jusqu’à notre innocence…
D’un côté, puis de l’autre, je m’autorise des défaillances…
D’un côté, puis de l’autre, je demande l’indulgence…

Au carrefour des confidences, je secoue toutes vos croyances…
Au carrefour des ignorances, je vous envoie mon exigence…
D’un côté, puis de l’autre, je raconte comme une romance…
D’un côté, puis de l’autre, j’arrive encore en avance…

Au carrefour de l’extravagance, je rédige une ordonnance…
Au carrefour de l’insolence, je voudrais rester votre prudence !
D’un côté, puis de l’autre, je vaque vers mes attirances…

D’un côté, puis de l’autre, je demande votre clémence… 

samedi 1 février 2014

TU ES OU ?

Comment tu vas faire pour gérer tout ce petit monde féminin qui du coup, gravite autour de toi ?

Comment tu vas faire pour démêler les problèmes que ne vont pas manquer de t’apporter toutes ces jambes à jupon dont tu veux tant connaitre les secrets… comment vas-tu faire pour ne pas sombrer dans la folie en donnant ton corps à droite et ton cœur à gauche ?… Comment t’y retrouver dans toutes ces couleurs qui rallument ta vie ? Comment te repérer dans ce nouveau monde qui autour de toi ne va pas manquer de bien t’empêtrer ?  Rien qu’au téléphone ça va être compliqué… un numéro peut en cacher un autre, comment reconnaître les appels entrants, les appels sortants sous des noms compliqués pour t’y retrouver ? Je te souhaite de ne pas trop te mélanger les pinceaux, de ne pas laisser ta langue se fourcher quand tu répondras à toutes ces beautés. De ne pas avoir le tournis quand tu en auras une dans ton lit et l’autre dans ton esprit… Comment ne pas te perdre dans ces nouveaux paramètres dont tu viens de  jalonner ta vie ? Je te souhaite de ne pas te tromper quand tu en tromperas une avec l’autre et de te rappeler laquelle est dans tes bras, laquelle est dans ton cœur, laquelle est dans ta vie, laquelle est entrain de criser parce que le facteur s’est lui aussi trompé d’adresse et que ton téléphone lui fait croire, à cette régulière que tu es dans l’épicerie dans face alors que très nettement, ce sont les voix de l’aéroport qu’elle entend dans le combiné… « Attention embarquement immédiat pour Nouméa, les passagers sont priés de se rendre à la porte G » et cette même femme d’un coup criera de tout son être tout au creux de ton oreille et t’arrachera ton dernier tympan : MAIS TU ES OU ?

samedi 25 janvier 2014

Avoir le bras long... pour le défi d'un samedi...

50 avant Jésus Chris, toute la Gaule est occupée par les romains… toute ? Non, un village peuplé d’irréductibles gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur.  Et personne à part le druide de ce village, ne connait le secret du chef de cette tribu… En effet, 80 avant JC, la femme de Grobrax, chef alors de ce village, donna naissance à deux enfants, de beaux jumeaux qu’on appela Abralonx et Abraracourcix .Le premier avait de longs bras qui n’en finissaient plus de grandir, et le deuxième était tout en muscles avec de gros bras très courts… Lorsque le problème de la succession se posa,   Panoramix, le sage druide du village proposa à Grobrax de tester ses deux enfants afin de donner le pouvoir à celui qui remportera l’épreuve suivante : faire le tour de la Gaule et ramener à sa cause le plus grand nombre de personnes influentes dans le pays. Les deux frères partirent chacun de leur côté, emmenant avec lui ses sympathisants. Abraracourcix, accompagné de ses deux compères, Obélix et Astérix partirent pour le sud et se perdirent en bagarres contre les romains, tapant sur tout ce qui bougeait. Le futur chef du village eut beaucoup de mal à rallier des Grands à sa cause, il faut dire que tous se méfiaient d’Obélix qui avait déjà tendance à envoyer son poing un peu trop fort sur les réfractaires. Abralonx, lui, poursuivit sa route et fort de son bagou, se retrouva très vite dans les cercles huppés de la bonne société de l’époque. Ainsi, Vercingétorix le convia rapidement à faire partie de sa cour et notre Abralonx trouva très vite une situation intéressante sur Lucrèce et ne revint jamais dans son village d’origine.  Du coup lorsque Abraracourcix revint bredouille de son périple, il fut nommé d’office chef de ce petit village des irréductibles gaulois dont l’histoire est arrivée jusqu’à nous… Cette épopée devint l’origine d’une expression bien connue de chez nous… Abralonx, ou avoir le bras long, signifiant avoir de grandes influences, du pouvoir. Souvent associé à cette autre expression : avoir les dents longues…

Vous en restez les bras ballants ? Pour moi, les bras m’en tombent et je vais de ce pas me jeter dans ceux de Morphée… je sais, je sais, je joue petit bras ! Mais mon bras droit m’appelle et je ne voudrais pas qu’il le fasse à tour de bras ! 

mercredi 22 janvier 2014

Une île

C’était un coup de poker,
Tant pis si c’était cher.
Juste envie de tenter
De sauter à deux pieds
Sur une île et se sauver
Le plus loin possible !

C’était un coup d’enfer,
Ça ne pouvait que  plaire.
C’était juste une question
De temps et de diversion,
La faille, il le savait
Serait s’il résistait…

C’était un coup du sort,
Ils n’avaient donc pas tord.
Il y croyait pourtant,
Refusait le néant,
Il y croyait encore
Il ne manquait qu’un effort…

C’était un coup foireux,
Il n’y a vu que du feu !
Les dés étaient jetés,
Il serait rejeté.
De sauter à deux pieds
Il n’avait plus l’envie.
La ville et ses alliés
N’étaient plus digne de lui…

Juste trouver une île
Était
-ce encore utile ?




lundi 23 décembre 2013

La photo des souvenirs

Bon sang, cette maison, je la reconnais, c’est la maison de mon enfance, lorsque nous habitions la Chartonnière avec mes parents et mes frères et sœur… Que de souvenirs qui remontent à la surface, que de courses dans le jardin, de jeux dans le cerisier, de cris d’enfants que j’entends encore… surtout quand la jeune fille qui s’occupait de nous le soir, une certaine Simone que nous n’aimions pas du tout, s’évertuait à essayer de nous faire rentrer prendre notre douche. Nous nous cachions mes frères et moi, dans la cabane derrière la maison et ne respirions plus jusqu’à ce qu’elle nous découvre et nous emmène à grand coup de menaces et de quelques claques qui volaient sur nos oreilles. Maman s’occupait de notre plus jeune frère et ne se souciait pas des plus grands et de leurs jérémiades lorsque nous nous plaignons de cette mégère. Elle était étudiante dans une école d’infirmière et je souhaite pour ses patients, qu’elle fut plus douce avec eux qu’avec nous.
C’est encore dans cette maison que notre papa, entassait dans une remise des tonnes de jouets qui nous faisaient rêver quand nous avions le droit de passer la porte. Encore aujourd’hui, je ne comprends toujours pas pourquoi nous ne pouvions pas profiter de ces jouets et même l’explication que m’a donnée mon père plus tard, ne me convainc pas de l’utilité de cette frustration. Il m’affirma que ces jouets avaient été récupérés dans un magasin qu’il avait en vente et qu’il n’en était pas complètement propriétaire. Je penche plus, connaissant mon père, pour la version probable, d’une crainte de sa part de nous voir tout casser, et sa façon d’aimer collectionner à peu près tout ce qu’il trouvait, l’empêchait de nous distribuer ces trésors. Du coup, nous rêvions au beau garage rouge et aux poupées encore emballées qui trônait sur les étagères qui, un jour, nous disait notre père, seraient à nous.

Par contre je ne savais pas que le célèbre photographe, Monsieur Doisneau était passé par là et avait gravé pour l’éternité sur la pellicule, mon frère, le rare jour où notre père avait accepté de le promener dans ce bolide extraordinaire sorti tout droit de la fameuse remise. Voilà une belle façon de s’envoler au pays des souvenirs d’enfance et de saluer au passage, un maître de la photo !

vendredi 20 décembre 2013

Un peu de légèreté...

Feuille d’automne…
Un peu de légèreté, comme cette feuille qui balance au gré du vent sur ce majestueux planté là…
Un peu de légèreté, comme cette feuille qui se détache de l’emprise de ce mastodonte et s’envole dans les airs délicatement prisonnière du mouvement.
Un peu de légèreté, comme ce petit parchemin de couleur qui se dirige tranquillement vers son destin… 
Un peu de légèreté, comme cette charmille qui virevolte dans l’insouciance d’un avenir trop proche. 
Un peu de légèreté, comme cette petite pousse abîmée par le temps qui se pose enfin nonchalamment sur un sol humide où plus rien ne l’attend.
Un peu de légèreté, comme cette feuille étalée qu’une botte vient écraser d’un simple coup de talon.
Un peu de légèreté, comme cette pauvre déchiqueté qui dans la terre enfonce son nez pour se retenir de pleurer…
Un peu de légèreté, comme cette feuille morte à peine embarquée par la vieille pelle de ce vieux jardinier…
Un peu de légèreté, comme cette jolie feuille recomposée par les couleurs du passé, qu’une petite main menue est venu sauver du compost pour en faire le bouquet de la saison d’automne, celui que l’on offre comme un léger cadeau, avant le grand froid, contre le sourire tout doux de la plus belle des mamans.

Un peu de légèreté dans mon cœur jusqu’à l’été…