Quelques heures de vols pour une famille presque
complète… quelques heures de vols et un atterrissage contrôlé dans le pays des
rêves d’une grand-mère enchantée. New York, destination souhaité, New York,
destination voulu depuis plus de 80 ans. Rêve d’une petite fille, d’une femme,
d’une maman, d’une grand-mère, arrière grand-mère qui va se réaliser. Un beau
voyage, entourée de ses enfants et petits enfants. Malheureusement, tous n’ont
pas pu venir, pas de vacances pour certains, pas assez de temps pour les
autres, pas d’argent pour encore d’autres, mais on emporte leur cœur avec nous
afin de partager à notre retour ces moments de bonheur. Visites de musée,
rencontre d’un troisième type sur la statue de la liberté où j’aurai la chance
de fêter mon anniversaire au dessus de cette ville mythique qui m’éblouira de
ses milles feux et me donnera l’impression d’être l’actrice du Titanic. Prête à
m’envoler avec tout ce petit monde, je savoure déjà ce bonheur rien qu’en
préparant ma valise, je me ravis de ces sourires qui vont se fondre entre eux
dans des moments de délires où la détente sera à son maximum. Bonjour New York,
attention, nous arrivons en force goûter tes couleurs et visiter ton cœur
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dimanche 1 mai 2016
NEW YORK
Quelques heures de vols pour une famille presque
complète… quelques heures de vols et un atterrissage contrôlé dans le pays des
rêves d’une grand-mère enchantée. New York, destination souhaité, New York,
destination voulu depuis plus de 80 ans. Rêve d’une petite fille, d’une femme,
d’une maman, d’une grand-mère, arrière grand-mère qui va se réaliser. Un beau
voyage, entourée de ses enfants et petits enfants. Malheureusement, tous n’ont
pas pu venir, pas de vacances pour certains, pas assez de temps pour les
autres, pas d’argent pour encore d’autres, mais on emporte leur cœur avec nous
afin de partager à notre retour ces moments de bonheur. Visites de musée,
rencontre d’un troisième type sur la statue de la liberté où j’aurai la chance
de fêter mon anniversaire au dessus de cette ville mythique qui m’éblouira de
ses milles feux et me donnera l’impression d’être l’actrice du Titanic. Prête à
m’envoler avec tout ce petit monde, je savoure déjà ce bonheur rien qu’en
préparant ma valise, je me ravis de ces sourires qui vont se fondre entre eux
dans des moments de délires où la détente sera à son maximum. Bonjour New York,
attention, nous arrivons en force goûter tes couleurs et visiter ton cœur
lundi 6 avril 2015
Le rêve de Laure
C’était complètement fou, je
volais dans les airs sans savoir vraiment où aller. Les toitures de maisons
étaient mon horizon et lorsque je planais dans toutes les directions c’était
sensationnel. N’empêche que j’avais tout de même plein de problèmes à régler ce
jour là et on m’avait donné l’adresse d’un super psychologue tellement renommé,
que l’on faisait la queue devant son cabinet pour le consulter. J’aperçus de ma
hauteur, le long chapelet que formaient tous ses clients, comment faire pour
aller interroger ce manitou sans que cela me prenne le jour entier ? Je le
voyais par transparence assis à son bureau, à l’écoute, sérieux, dodelinant de
la tête, et donnant à chaque visiteur une ordonnance. Ces derniers repartaient
le sourire aux lèvres, le pas léger et je les enviais de mon point de vue
culminant. Sans réfléchir aux conséquences, je fonçais tête première vers la
procession et fendant le plafond, j’atterris dans la file sans demander la
permission. Des oh, des ah s’exclamèrent de toutes parts, voulant me faire
comprendre leur indignation, les gens commençaient à me pousser du coude, à me
bousculer vraiment, mais c’était sans compter sur ma force de persuasion, sur
le sourire ravageur que je leur lançais, sur la volonté de fer que j’avais de
rester derrière les quelques personnes proches du bureau du gourou.
Arriva très vite mon tour, et
une fois en face de lui, je commençais à bafouiller, il faut dire que je
n’avais pas vraiment prévu l’ordre de mes questions à lui poser, mais j’arrivai
enfin à les lui formuler :
-
Rien ne va dans
ma vie, mon mari ne me regarde plus vraiment, mes enfants sont constamment
malades, mes finances sont catastrophiques, je ne fais que pleurer sur mon sort
et…
D’un geste du bras, il me coupa
très vite la parole, était-ce parce qu’il ne pouvait consacrer beaucoup de
temps à ses patients ? Toujours est-il qu’il eu la même expression que je
lui avais vu du haut du ciel, un air sérieux, la tête allant de droite à
gauche, un doigt posé sur ses lèvres, en pleine réflexion… Il appuya ensuite
sur quelques touches de son ordinateur placé face à lui, et sortit une feuille
pleine de graffitis qu’il me remit. Sur cette ordonnance était noté le
prix : 80 euros pour ce bout de papier… Je payais effarée du montant et étonnée
que l’entretien se termine déjà, sans même un mot de sa part, je m’éloignai
pourtant le sourire aux lèvres en lisant les quelques lignes qui composaient cette
prescription. Tout en sortant de la pièce, croisant quelques regards courroucés
de ceux que j’avais devancés, je flottais de nouveau dans l’air et repris mon
envol jusqu’au prochain nuage où je pus détailler à loisir la liste de ce que
je devais prendre pour remettre ma vie à l’endroit :
Prendre chaque jour
-
Du chocolat
additionnée à du miel : 3 ou 4 carreaux
-
Un bon repas bien
équilibré
-
Une sortie en
amoureux avec l’homme de votre vie !
C’était
exactement ce dont j’avais besoin….
dimanche 22 mars 2015
La nuit les livres dansent !
Chez moi les livres
changent tout de le temps de place…ou de mains, ils doivent avoir une vie la nuit dans cette maison et
faire un peu ce qu’ils veulent parce qu’au matin, le livre posé sur la table, la
veille, n’y est plus, et je le retrouve dans une chambre au pied d’un
lit ! Même sur les étagères de la bibliothèque, il y a du mouvement. Il
faut dire qu’ils sont si nombreux, que certains se cachent derrières d’autres
et ont sans doute besoin de respirer un peu. Alors, ils se poussent, ils se
dégagent de celui qui fait de l’ombre, ils se tordent comme les plantes et
cherchent la lumière pour rappeler aux
humains que nous sommes, qu’ils existent encore. Du coup, mes placards se
retrouvent très chargés et surtout remplis de livres dans tous les sens !
Pourtant, j’avais pris le temps, dans un autre
temps, de les trier, de les classer, j’ai même tenté de les lister sur une
bibliothèque virtuelle, un de ces logiciels qui nous promet qu’on va pouvoir
les retrouver en un clin d’œil. Il suffit juste de les noter, de mettre le
titre, l’auteur dans les bonnes cases, afin de permettre une recherche dans
plusieurs sens… ces logiciels proposent même de rédiger un petit commentaire
sur chacun d’eux et j’avais cru bon de prendre le temps de le faire. Mais finalement,
les livres n’en font qu’à leur tête, surtout les nouveaux, ceux qu’on te
conseille, ou qu’on te prête et que tu achètes parce qu’une fois lus, il faut
qu’ils trônent avec les autres sous tes yeux, éternellement. Des fois que tu en
parles à un ami et que tu ne puisses pas lui prêter parce que, "oui, je l’ai lu, oui, il m’a plu énormément, mais non, je ne l’ai plus, il était à
quelqu’un et j’ai dû le rendre…."
Ah, rendre un
bouquin qui t’a parlé pendant des jours entiers, le rendre, alors qu’il est devenu
ton intime durant de longues heures qui t’ont parues si courtes…le rendre et
n’y plus penser, puisque impossible à relire… impossible à revoir là, posé sur
le bord d’une table ou en équilibre entre deux autres compères. Non, vraiment, je
préfère les acheter, les engranger, on ne sait jamais, ils pourraient me manquer…
Alors évidemment, ils commencent à être nombreux sur ces étagères, du coup, je
dois trouver d’autres lieux de rangement, une autre pièce pour les accueillir,
en espérant qu’ils resteront bien sagement à la queue leu leu sur leur tranche.
Mais non, je suis vraiment certaine que la nuit, ils farandolent dans la
maison, hantent nos rêves et nos sommeils et font la fête sous notre nez qui
respire l’odeur de leur papier imprimé. Ces livres qui rendent vivants, il faut
bien qu’ils vivent leur histoire eux aussi !
jeudi 5 mars 2015
Moment du matin
Ah il m’a fait courir le coquin, ce matin j’ai même dû jouer
au foot dans le froid d’un vent mordant qui
me sifflait tant dans les oreilles que j’arrivais à peine à l’entendre
me crier « oh, lance plus doucement le ballon » Sacré gamin, du haut
de ses 6 ans il me toise bien souvent, même si dans sa tête il ne dépasse guère
trois ans. Excité comme une puce, impossible de se concentrer sur un jeu, pour
le calmer je lui caresse la nuque, tout doucement, tout gentiment et quand
enfin il se pose j’enlève ma main et la passe tendrement dans ses cheveux. Pour
un sourire de cet enfant, je suis prête à tout et quand il me glisse
malicieusement « encore des guillis », je souris intérieurement. Je
suis heureuse de l’avoir apprivoisé, il est comme un petit écureuil sauvage qui
me ferait sauter de branches en branches et qui accepterait, si je le suis, de manger dans la main quelques graines, juste le
temps de retomber dans son monde et de me voir à travers la brume de ces
pensées incertaines.
C’est aussi çà le métier d’AVS !
samedi 28 février 2015
Papa où t'es ?
Quand à moi, je suis la même,
bien que malmenée par la vie ces derniers mois, un coup sur les cervicales en
septembre, puis le renversement de mon cœur le 12 novembre, jour du départ de
papa pour l’autre rivage. Depuis, je remonte un peu la pente, difficilement, douloureusement. Je reprends le mord et j'essaie de refixer le sourire sur mes lèvres, le rire dans mes yeux,
la légèreté disparue, je souhaite tant la retrouver. Et c’est ce qui est
entrain de se faire, lentement mais surement, après quelques mois où la
tête comme le corps a souffert… fatigue intense, envie de rien, petit moment de
solitude et surtout manque d’énergie. A peine envie de peindre, encore moins
d’écrire, ce que je fais aujourd’hui est une preuve du début de ma guérison. Je
m’autorise enfin cette pause, enfin ce petit moment que je sais court vu mon
programme de ce soir, mais qui commence à donner quelques signes
d’encouragement vers l’harmonie que je veux récupérer. Papa parti, c’est un
vide qui s’installe et que je dois de nouveau combler, c’est des larmes
refoulées et parfois lâchées, c’est un sourire que je ressens constamment
au-dessus de moi, un « c’est pas grave
mon B » que j’entends quand je tends l’oreille, c’est des souvenirs
sans ordre chronologique qui défilent dans ma tête à chaque fois que j’accepte
de les laisser venir, à chaque fois que je suis d’accord pour m’arrêter un peu
et laisser papa envahir mon esprit. Papa parti, c’est une montagne de soucis
qui m’est tombée dessus, de l’administration à gogo, des coups de téléphones,
des papiers à remplir, des comptes à faire. Papa parti, c’est une succession à
gérer, une maison à vider, à mettre en vente un jour, c’est une page qui se
tourne violemment, d’un coup et dont les conséquences nous arrivent en vague et
en pleine figure. Papa parti, c’est ce dernier baiser que j’ai pu lui donner
sur son lit le jour même, c’est ces mots glissés dans son oreilles et ses
réponses entendues par moi seule…. Papa parti c’est ce grand « je
t’aime » que je dis haut et fort, que je crie que je hurle et que je suis
certaine qu’il entend d’où il est. J’ai
juste envie de retrouver mon calme intérieur, mon envie d’avancer, mon entrain
et ma gaieté je sais que tout ça n’est plus très loin, que le deuil s’est enclenché
et que je vais enfin redevenir moi, mais
sans papa !
jeudi 16 octobre 2014
Une porte qui vole amasse des bosses (suite)
Suite du dernier épisode... si vous en étiez restés sur deux cervicales fissurées et des douleurs pénibles après la réception sournoise d'une porte sur la nuque... et bien après vérification au scanner dernièrement, nous sommes au regret de vous dire qu'il n'y a pas vraiment d'amélioration, et qu'il faut bien plus de temps pour que tout ça se remette... donc encore 5 semaines de repos au moins, avec trajet voiture au minimum et patience au maximum... du coup, pas de petite escapade à Port Camargue avec votre copine Emma comme prévu, pas de petit voyage sur Madrid avec votre petit mari comme souhaité... juste une belle maison, de la peinture à gogo pour meubler l'ennui, du travail photo et surtout ne pas retrouver vos 35 petits diables de l'école de St Marcel qui pourraient vous monter dessus et vous démonter un peu plus vos vertèbres... voilà, j'espère que vous n'êtes pas trop déçue de ce verdict mais seul le temps et la patience pourront de nouveau vous permettre de vous reconstruire... alors surtout ne pas prendre de risque !
Bon, pour vous redonner le sourire, vous pourrez enlever cette minerve qui vous énerve tant, de temps en temps, c'est à dire la nuit... mais promettez de ne pas bouger dans votre sommeil (facile) et le jour à la maison, lorsque vous aurez décidé de vous tenir tranquille. Bonne lecture, bonne sieste...heu marre de dormir,bonne journée remplie de visites de copines (bon elles ont d'autres choses à faire...),Bonne peinture, comme ces petites marguerites qui illustre nos propos, bonne saison d'automne à regarder les feuilles descendre tranquillement des arbres pour venir se faire marcher dessus dans la cour, bon thé à 16 h devant le spectacle des écureuils du jardin qui se dépêchent de faire leur réserve et volent les amandes avant vous. Bonne reconstruction de vos vertèbres qu'il faut surtout ne pas bousculer et leur laisser le temps de refermer la plaie... et surtout bonne méditation sur la vie que vous avez eu la chance de garder et ça, ça n'a pas de prix... alors Merci la vie et prochain scanner le 19 novembre pour la suite du feuilleton :
"Une porte qui vole amasse des bosses..."
vendredi 18 juillet 2014
Week-end en famille
Et puis c’est l’heure de
l’apéro… ouf, on va pouvoir se poser, se raconter, se souvenir et prendre des
fous rires lorsqu’un de mes frères nous sort la blague du jour. Un repas qui
dure où l’on goûte ce que chacun à apporter, et un dessert au chocolat que l’on
se dispute pour en avoir deux fois. Pendant ce temps, je joue la petite main,
dans mon coin, à chaque passage par la cuisine, je range ceci, je lave cela, je
passe l’éponge, puis ferme les yeux sur le fatras posé là et retourne m’asseoir
pour reprendre au vol la conversation du moment. Les enfants profitent de ce
moment de liberté pour jouer sur le tapis déroulé dans la cour, font du toboggan,
se disputent les Barbies et râlent quand la sieste s’approche un peu trop.
Enfin un peu de temps libre pour les mamans, les petits dorment, les plus grands
se baignent sous le regard attentif des jeunes qui laissent ainsi aux parents
un moment de répit. Petit tournois de ping-pong, je perds avec le sourire. Jeux
de boule dans la cour, il faut faire attention de ne pas mélanger les enfants
et les projectiles… et le projet de partir faire un tour au salon de la lavande
sur les allées de la ville s’organise. Stop, la pluie nous arrête, seuls les
garçons et les papas accompagnés de mon homme s’en vont visiter le musée de
l’aviation du village d’à côté. Quelques jeux calmes débutent autour de la
table, sous le haut vent, pendant que les coloriages s’étalent de plus en plus
sous les crayons des plus jeunes dans la salle à manger. Heureusement la pluie
ne dure pas trop, n’est pas trop forte et l’on peut de nouveau le soir profiter
de la cour pour une dernière partie de boules. Une plus grande nous fait des
cookies sous l’œil gourmand de ses cousines et tous se régalent de ces petits
gâteaux au chocolat qui sortent tout juste du four. Impossible de les
thésauriser, à peine sortis ils sont mangés.
Et le week-end se termine
dans la joie, la bonne humeur. On se promet des SMS dès l’arrivée. Les
derniers, ceux qui traînent un peu et n’arrivent pas à se décider à remonter
dans leur chaude voiture pour deux heures trente de trajet, partagent avec nous les restes des
victuailles apportées par tous. Demain, on reprend le travail… le sourire aux
lèvres avec une pensée pour maman qui était près de nous, accrochée à son nuage
tout au long de ces trois jours.
mercredi 14 mai 2014
La marque de l'Ange
Savez-vous ce qui se passe à la naissance d’un
petit être ? Quand la vie entre en lui par les poumons et qu’il pousse son
cri de tout son être pour se sentir vibrer et entrer dans la danse…. Savez-vous
que le nouveau-né a une mémoire d’éléphant et lorsqu’il prend son élan pour
plonger dans le vide, il sait d’où il vient, ce qu’il était, ce qu’il vivait
dans les étoiles, ce que les anges lui ont chuchoté. Il sait les milliers de
vies qu’il a dû traverser pour entrer dans celle-ci, il se rappelle toutes les
personnes qu’il a rencontrées, il sait toutes les pensées qui l’ont
traversées quand il était dans les étoiles, quand il volait avec les papillons,
quand il regardait en bas se débattre ces tous petits êtres qu’on appelle les
humains. Il a acquis la sagesse de milliers d’années d’expérience, il a absorbé
toutes les idées qu’il a croisées, il n’a rien oublié des plaisirs et des
souffrances de ces vies antérieures, il a assimilé les douleurs et les bonheurs
comme d’infinies connaissances et lorsqu’il pousse son cri dans le froid d’un hôpital,
il clame à son entourage sa peur de l’inconnu par rapport à tout ce qu’il a
déjà vécu et ce qui l’attend ici-bas… il sait tout ça le temps d’une seconde,
le temps d’un sourire, le temps d’un baiser de maman, le temps de se frotter au
corps chaud qui le cajole… et lorsque le cri se calme, qu’il prend connaissance
de ses parents, de ce lieux où il vient d’atterrir, l’ange qui l’accompagnera
toute sa vie, celui qui sera son ange gardien est là, il le regarde, le
rassure, lui sourit, lui dit qu’il est arrivé à bon port, qu’il va pouvoir
oublier et vivre… se penche sur lui et d’un geste tendre, il lui effleure les
lèvres d’un doigt. Juste à la base du nez, près de la lèvre supérieure,
et descend son index en disant tout doucement à l’enfant : « chut » .mercredi 7 mai 2014
Un anniversaire de plus
Que de bonheur en bâton à savourer toute une journée, puis
une soirée, puis une année par le souvenir de ces moments riches de plaisir et
d’amour. Merci mes chéris de m’aimer ainsi.
lundi 14 avril 2014
Écrivains dans un bocal, chapitre 4
Chapitre 4
Lieu : une cave
Action : l’héroïne doit entendre
ou voir quelque chose qu’elle n’aurait pas du
Contraintes d’écriture : elle
doit évoquer un sujet d’actualité de la semaine en cours
Fin
L’incident du mariage n’est
plus qu’un souvenir qui fait sourire et plaisanter Caroline et François chaque fois qu’ils mentionnent ce moment. Il
faut dire que depuis ce samedi soir, leur relation a pas mal évoluée, Ils se
vouvoient toujours, mais rapprochent un peu les distances de subordonnée à
patron par des remarques joyeuses et des fou-rires mémorables. Par contre
Romuald est de plus en plus distant avec elle, il ne cache pas sa hargne de les
voir complices et ne manque pas de faire des reproches de plus en plus souvent
à Caroline. Rien ne va jamais pour lui. Heureusement depuis ce matin, elle a
signé son contrat définitif et n’est plus en observation par ses deux patrons,
mais bien embauchée en CDI et en « bonnet haute forme » comme s’amuse
à lui rappeler François sur le ton de l’humour. Ce François, qui depuis qu’elle
s’est retrouvée à danser avec lui, ne lui est plus tout à fait indifférent. Elle
a adoré être dans ses bras, sa façon de la regarder, son parfum, et même ses
maladresses lorsqu’il lui a marché sur le pied. A force de rapprocher des bouts
de conversation qu’elle entend ici et là, elle a fini par comprendre qu’il est
célibataire. Elle a même mené son enquête auprès du nouveau mari de son amie
Sophie qui lui a apprit plein de choses à son sujet : En plus du vélo, il
est assez sportif, court tous les dimanche matin, il vient de Paris et s’est
installé à Reims depuis son divorce. Il a un fils de 17 ans qu’il ne voit que
rarement. Impossible d’en savoir plus sur son ex-femme, mais qui dit
« ex » dit une relation terminée… Enfin, plein de petits détails qui
remplissent sa boite à secrets et lui permettent de s’envoler vers des contrées
de rêves éveillés où François devient tour à tour l’ami, le confident, et
parfois même l’amant. En attendant, elle a plein de rendez vous à honorer et
depuis quelques jours, elle s’y rend toute seule, comme une grande, sans le
chaperon de Romuald qui commence à comprendre qu’il la drague dans le vide. Leur
dernier tour de clientèle ne s’est pas très bien passé, Il n’a pas arrêté de
faire des allusions à la nouvelle relation de Caroline et François, la
cherchant tant et si bien qu’elle a fini par le laissé en plan dans le dernier
magasin de lingerie, en prétextant un énorme mal de tête.
De retour au bureau, Romuald a vite compris qu’elle lui faisait la tête, à défaut d’avoir la migraine et qu’il n’obtiendrait d’elle que mépris et silence.
De retour au bureau, Romuald a vite compris qu’elle lui faisait la tête, à défaut d’avoir la migraine et qu’il n’obtiendrait d’elle que mépris et silence.
L’affaire entre eux a failli
tourner au désastre quelques jours plus tard.
Caroline, depuis le début de son embauche dans cette boite, se pose des tas de questions sur le but réel de cette entreprise. L’entrepôt d’où partent les commandes est sans cesse fermé à clés, Romuald, qui s’occupe des livraisons, gère l’ouverture et la fermeture de la porte derrière le bureau, et Caroline n’est réellement entrée dans cette pièce qu’une fois ou deux, à peine le temps d’apercevoir les longues étagères où sont stockés les produits. Sa curiosité s’aiguise de plus en plus, les paquets sont lourds et si bien emballés qu’il est impossible de savoir ce qu’il y a dedans. Un soir, vers 17 heures, alors que ses deux patrons sont partis boire un café, juste en face du bureau, elle s’aperçoit que la porte est restée ouverte. Du coup, la voilà qui se faufile dans cette vaste salle, se dirige tout droit vers une petite porte sur le fond et entre dans une sorte de cave sans ouverture vers l’extérieur. Il fait si noir qu’elle se demande s’il est bien raisonnable de s’y aventurer, mais poussée par le désir de savoir ce qui se trame vraiment dans ces lieux, elle tâtonne à la recherche de l’interrupteur. Sa main trouve enfin le bouton et la pièce s’illumine à son contact. D’un coup, devant ses yeux s’étale un véritable atelier. Bien que déserts et poussiéreux, elle se rend compte que les lieux sont occupés de temps en temps. Des mètres de tissus ornent les étagères, elle reconnait dans un coin de la pièce, quelques colis encore emballés livrés depuis peu… des patrons en carton ou en papier sont épinglés sur un métrage, étendu sur une grande table, une paire de ciseaux toute proche, prête à couper, deux machines à coudre industrielles prêtes à servir, et dans le fond de la salle, plusieurs portants remplis de porte manteaux occupés par des vêtements. Caroline s’approche doucement, oubliant qu’elle pourrait être découverte d’un moment à l’autre par un des associés. L’odeur de renfermé ne la dérange pas, elle se demande ce que font tous ces costumes pendus sur ces patères. Pourquoi tout cet étalage d’étoffes de couleurs vives et soyeuses. On dirait comme des costumes de théâtre, elle reconnait des robes d’époque ancienne, des gilets de gentilhomme, les étagères du haut sont couvertes de vieux chapeaux tous aussi excentriques les uns que les autres. Des châles sont pliés, repassés et en pile sur les étagères de dessous à proximité de chemises blanches à jabot en dentelle… Elle tourbillonne dans la pièce, oubliant sa crainte d’être découverte, elle passe d’un vêtement à l’autre surprise de la qualité du travail, envahie par l’ambiance que donnent tous ces habits d’un autre temps. L’évidence lui saute aux yeux : C’est un atelier de fabrique de costumes de scènes… Mais pourquoi tout ce mystère ? Pourquoi une telle manufacture dans la cave de cette entreprise ? Tout en tournant dans les lieux, elle n’a pas entendu le cliquetis de la porte mais le bruit qu’elle fait en se refermant brusquement la fait sursauter. La lumière s’éteint d’un coup, Caroline ne retient pas son cri. En arrêt, comme un animal traqué, elle porte les mains à sa bouche, essaie de calmer les battements de son cœur, se tait et écoute les bruits aux alentours. Elle voudrait refaire le chemin inverse mais dans le noir elle peine à trouver sa route. L’angoisse de se frotter à celui qui lui joue ce tour, la terrorise. Son esprit est emmuré dans des délires de plus en plus grand, comme la vision de celui dont on fait le procès actuellement. Encore ce matin, elle entendait aux information le portrait de cet homme accusé d’avoir tué sa maitresse, un certain Maurice Agnelet, si ses souvenirs sont bons, c’est vrai que c’est un vieux meurtre, mais elle sait qu’il s’en passe tous les jours de bien plus sauvages et sa frayeur est à son comble, elle s’englue dans ses pensées et commence à paniquer vraiment. Son imagination, qu’elle a, en temps normal, débordante, ne se contrôle plus, elle sent que la terre va s’ouvrir sous ses pieds. Elle doit réagir et finit par se persuader que ce ne peut être qu’un tour d’un de ses patrons qui l’a surprise entrain de farfouiller, elle décide d’appeler.
Caroline, depuis le début de son embauche dans cette boite, se pose des tas de questions sur le but réel de cette entreprise. L’entrepôt d’où partent les commandes est sans cesse fermé à clés, Romuald, qui s’occupe des livraisons, gère l’ouverture et la fermeture de la porte derrière le bureau, et Caroline n’est réellement entrée dans cette pièce qu’une fois ou deux, à peine le temps d’apercevoir les longues étagères où sont stockés les produits. Sa curiosité s’aiguise de plus en plus, les paquets sont lourds et si bien emballés qu’il est impossible de savoir ce qu’il y a dedans. Un soir, vers 17 heures, alors que ses deux patrons sont partis boire un café, juste en face du bureau, elle s’aperçoit que la porte est restée ouverte. Du coup, la voilà qui se faufile dans cette vaste salle, se dirige tout droit vers une petite porte sur le fond et entre dans une sorte de cave sans ouverture vers l’extérieur. Il fait si noir qu’elle se demande s’il est bien raisonnable de s’y aventurer, mais poussée par le désir de savoir ce qui se trame vraiment dans ces lieux, elle tâtonne à la recherche de l’interrupteur. Sa main trouve enfin le bouton et la pièce s’illumine à son contact. D’un coup, devant ses yeux s’étale un véritable atelier. Bien que déserts et poussiéreux, elle se rend compte que les lieux sont occupés de temps en temps. Des mètres de tissus ornent les étagères, elle reconnait dans un coin de la pièce, quelques colis encore emballés livrés depuis peu… des patrons en carton ou en papier sont épinglés sur un métrage, étendu sur une grande table, une paire de ciseaux toute proche, prête à couper, deux machines à coudre industrielles prêtes à servir, et dans le fond de la salle, plusieurs portants remplis de porte manteaux occupés par des vêtements. Caroline s’approche doucement, oubliant qu’elle pourrait être découverte d’un moment à l’autre par un des associés. L’odeur de renfermé ne la dérange pas, elle se demande ce que font tous ces costumes pendus sur ces patères. Pourquoi tout cet étalage d’étoffes de couleurs vives et soyeuses. On dirait comme des costumes de théâtre, elle reconnait des robes d’époque ancienne, des gilets de gentilhomme, les étagères du haut sont couvertes de vieux chapeaux tous aussi excentriques les uns que les autres. Des châles sont pliés, repassés et en pile sur les étagères de dessous à proximité de chemises blanches à jabot en dentelle… Elle tourbillonne dans la pièce, oubliant sa crainte d’être découverte, elle passe d’un vêtement à l’autre surprise de la qualité du travail, envahie par l’ambiance que donnent tous ces habits d’un autre temps. L’évidence lui saute aux yeux : C’est un atelier de fabrique de costumes de scènes… Mais pourquoi tout ce mystère ? Pourquoi une telle manufacture dans la cave de cette entreprise ? Tout en tournant dans les lieux, elle n’a pas entendu le cliquetis de la porte mais le bruit qu’elle fait en se refermant brusquement la fait sursauter. La lumière s’éteint d’un coup, Caroline ne retient pas son cri. En arrêt, comme un animal traqué, elle porte les mains à sa bouche, essaie de calmer les battements de son cœur, se tait et écoute les bruits aux alentours. Elle voudrait refaire le chemin inverse mais dans le noir elle peine à trouver sa route. L’angoisse de se frotter à celui qui lui joue ce tour, la terrorise. Son esprit est emmuré dans des délires de plus en plus grand, comme la vision de celui dont on fait le procès actuellement. Encore ce matin, elle entendait aux information le portrait de cet homme accusé d’avoir tué sa maitresse, un certain Maurice Agnelet, si ses souvenirs sont bons, c’est vrai que c’est un vieux meurtre, mais elle sait qu’il s’en passe tous les jours de bien plus sauvages et sa frayeur est à son comble, elle s’englue dans ses pensées et commence à paniquer vraiment. Son imagination, qu’elle a, en temps normal, débordante, ne se contrôle plus, elle sent que la terre va s’ouvrir sous ses pieds. Elle doit réagir et finit par se persuader que ce ne peut être qu’un tour d’un de ses patrons qui l’a surprise entrain de farfouiller, elle décide d’appeler.
- François ? Romuald ? Je suis là, je suis désolée, je n’aurai pas du venir ici… je m’excuse, éclairez maintenant, je sors et oublie tout de suite ce que j’ai vu… Mais c’est peine perdue, personne ne lui répond. Elle continue son monologue, sentant de plus en plus la présence de quelqu’un près de la porte. Elle entend sa respiration, elle devine presque sa forme, elle ne sait plus si elle doit chercher à fuir ou s’avancer vers cette ombre.
- Ca suffit maintenant, je crois que vous m’avez fait assez
peur, allez, rallumez et je m’en vais dit-elle en tremblant et au bord des
larmes.
La lumière se rallume enfin, Caroline éblouie
se retrouve face à Romuald. Il a l’air bizarre, un vilain rictus lui tord le
visage, elle n’arrive pas à définir ce qu’il pense… Est-ce de l’amusement, de
la colère ?
- Romuald, vous m’avez fait une de ces peurs. Ne m’en
veuillez pas, je retourne au bureau, dit-elle, sur un ton le plus neutre
possible. Je vous garantie que je n’ai rien vu d’important, de toutes les
façons je me moque bien de ce qui se trame ici.
Il ne répond pas tout de
suite, se contente de la regarder, lui barre la route, ses yeux sont verts de
gris et plein de morgue. Il semble à Caroline, que s’il pouvait, il lui
lancerait des éclairs. Il est certain qu’il se moque bien de la peur qu’il lui vient
de lui faire puis dans un ton mi-figue mi-raisin il finit par lui lancer :
- Et bien, petite curieuse, je vois que l’avidité de savoir t’a
mené dans la tanière de Barbe bleue. Sais-tu comment ont terminé les 7 femmes
de ce brave barbu ?
- Ne vous méprenez pas, Romuald, je…
- Laisse moi finir, je ne pense pas que tu puisses avoir
droit à la parole alors que tu as outrepassé mes ordres.
- Mais ce n’est pas ce que vous croyez, essaie de plaider
Caroline
- Ca suffit ! s’écrie ce dernier. Je t’avais demandé de
ne pas venir dans cette pièce, pour qui te prends-tu petite fouineuse ?
Penses-tu que nous t’avons embauché pour fureter dans des endroits qui ne te
regardent pas. Tu ne sais pas où tu viens de mettre les pieds…
Et s’approchant vivement de
Caroline, il l’attrape par le poignet sans douceur et la traîne jusqu’à l’entrée de la cave.
- Sors d’ici tout de suite avant que je ne change d’avis et
que je ne te réserve un autre sort que celui de te mettre dehors.
Caroline ne perd pas de temps à discuter et court, traverse l’entrepôt pour retourner dans le bureau. C’est toute essoufflé qu’elle rentre tête première dans son autre patron qui s’étonne de sa fuite.
Caroline ne perd pas de temps à discuter et court, traverse l’entrepôt pour retourner dans le bureau. C’est toute essoufflé qu’elle rentre tête première dans son autre patron qui s’étonne de sa fuite.
- Et bien que vous arrive-t-il Caroline ?
Préférant jouer carte sur
table avec lui, et certaine que Romuald va tout faire pour la licencier
rapidement la voilà qui rétorque
- Je crois que j’ai été un peu trop indiscrète, je ne sais
pas ce qui se fait derrière la façade de votre société, mais je préfère vous
donner ma démission et…
- Votre démission ? Éclate de rire François, juste
parce que ce cher Romuald a été démasqué ? Allons, venez prendre un café
et calmez vous, vous avez droit à quelques explications. Je vais vous les
donner, et tant pis pour mon cher collègue qui aurait du faire débarrasser les
lieux depuis longtemps. Enfin, c’était notre deal d’il y a quelques mois, et
tout est encore comme du temps de son père.
Interloquée par sa
découverte, décontenancée par le discours de François, Caroline fond en larmes
et se retrouve assise sur une chaise en hoquetant
- Je ne voulais pas être indiscrète, je ne sais pas ce qui
m’a prit, je regrette d’avoir poussé cette porte, je ne dirais rien à la
police, je suis désolée, je vais rentrer chez moi et ….
- …Et vous allez arrêter de délirer maintenant, la coupe
François d’un ton un peu plus sec. Votre imagination est sans doute en pleine
activité, mais je crains que vous ne puissiez comprendre ce qu’il en est sans
mes explications. Et l’aidant à se lever, il la pousse gentiment vers la porte
puis jusqu’au bistrot d’en face.
Attablée en face de lui, une bière bien fraîche lui redonne des couleurs. François attend poliment qu’elle se remette de ses émotions puis entame :
Attablée en face de lui, une bière bien fraîche lui redonne des couleurs. François attend poliment qu’elle se remette de ses émotions puis entame :
- Le père de Romuald était un saltimbanque, enfin, il tenait
un théâtre et avec sa troupe, jouait tous les soirs pour un public plutôt
tolérant à mon goût. Romuald est du coup un peu artiste lui aussi, mais surtout
un grand passionné de tout ce qui tourne autour de la scène. Il avait une
admiration profonde pour son père et ne s’est jamais vraiment remis de son
décès. Depuis, il passe beaucoup de temps dans cette « boutique »
spéciale, et reprend un peu le travail de son père, comme lui, il confectionne
des costumes qu’il essaie de vendre, sans trop de succès, à des salles de la
ville ou d’ailleurs. Voilà, il n’aime pas en parler, encore moins avec une
inconnue, qui plus est, une femme. Il ressent cette passion comme une
faiblesse, son père n’a jamais vraiment percé dans le monde du théâtre, d’où la
prolifération des costumes. Son savoir coudre lui vient de lui, tout petit il
restait des heures à le regarder faire des habits Mais vu son côté macho, il a beaucoup
de mal à assumer ce hobby. Vous savez
tout, maintenant si vous souhaitez toujours démissionner, je ne pourrais pas
vous retenir, mais sachez que je le regretterai fortement.
Caroline est abasourdie par
ces curieuses révélations, elle relève le nez de son verre, regarde son patron, il a l’air sincère et
presque amusé de la situation. Ce Romuald lui a vraiment fait peur, comment
continuer de travailler avec lui ? D’un autre côté, elle ne peut se cacher
l’attirance qu’elle a pour son deuxième patron et elle doit bien réfléchir à ce
qu’elle va dire. Romuald semble être un
drôle de personnage, à croire qu’il porte un masque le jour et un autre la
nuit. Reprenant tout à fait ses esprits,
elle sourit à François.
- Alors tous ces énormes colis qui arrivent régulièrement de
plein de régions différentes, ce sont des rouleaux de tissus ?
- Tout juste, il les fait venir par transporteur de
plusieurs pays comme la Turquie ou le Maroc, selon ses besoins, et surtout les
costumes qu’il veut créer. Le problème est la place et l’argent que tout cela
prend, c’est pourquoi je lui ai demandé d’arrêter cette usine qui ne sert pas à
grand-chose, sans compter l’énergie qu’il met à fabriquer des vêtements qu’il ne
prend même pas la peine d’essayer de vendre. Y-a-t-il autre chose qui vous
tracasse Caroline ? Vous voyez que la police n’a rien à faire dans cette
histoire, Romuald est parfaitement en droit de perdre son temps à faire des
déguisements…
- J’ai vraiment dû vous paraître idiote, merci de m’avoir
raconté tout ça
- Et bien maintenant, c’est un peu comme si tu faisais
partie de la famille, reprend-il en la tutoyant… on se tutoie du coup ?
Enfin si ce n’est pas trop difficile de travailler avec des patrons qui
deviennent aussi des amis.
- Pas de problème, répond Caroline, Je crois qu’on va faire
une super famille tous les trois, maintenant que je vous connais mieux. Et
comme dirait Romuald : on va faire un tabac !
De retour au bureau, ils
retrouvent Romuald, la tête dans les mains, le regard fuyant, comme un petit
garçon prit au piège. Caroline s’approche de lui et d’un geste maternel, lui
prend le visage entre les mains et lui claque une belle et grosse bise sur la
joue.
- Je trouve ça formidable Romuald et si tu n’y vois pas
d’inconvénient, non seulement je reste votre commerciale, mais je me fais fort
de trouver des acquéreurs pour les costumes, en plus des sous-vêtements… et
puis j’adore coudre mais ne suis pas des plus douée, par faute de temps, tu m’apprendras
à tes heures perdues ?
Romuald lui sourit, lui prend la main et dans un rire plus franc, il lance
Romuald lui sourit, lui prend la main et dans un rire plus franc, il lance
- J’avais justement besoin d’une essayeuse de costume alors
pourquoi pas une assistante ?
Caroline sait à cet instant
qu’elle vient de se faire un ami, et pourquoi pas un amant de François
lorsqu’il aura enfin comprit ce qu’elle attend de lui.
dimanche 6 avril 2014
Écrivains dans un bocal chapitre 3
Episode 3 : on garde le
même personnage, la même période
Mais les contraintes sont :
Le Lieu : une église
Action : l’héroïne doit
provoquer un accident
La contrainte d’écriture
proprement dite : il faut qu’apparaisse dans le texte ces 4 mots :
salade, montagne, fraise, vélo
Chapitre 3
Le week-end arrive enfin, il
faut dire que Caroline n’avait plus trop l’habitude de se lever régulièrement
si tôt. Depuis quinze jours, elle mène un rythme d’enfer, enfin juste un rythme
d’une employée auquel elle doit se faire. Curieusement ses parents ne sont pas
vraiment heureux de la voir travailler. Caroline finit par se dire qu’ils
n’étaient pas si mécontents de partager leur temps avec elle, entre un père qui
se sauve à la pêche avec des copains constamment et une mère qui s’ennuie ferme
chez elle, elle était un bon divertissement pour eux et redonnait un peu de vie
dans cette grande maison. Mais bientôt, elle va pouvoir enfin se prendre en
charge et réintégrer une vie normale, réinstaller son petit coin à elle et ne
plus dépendre de ces chers parents qui lui pèsent un peu trop.
Une phrase de plus l’a mis à l’envers ce matin lorsque Caroline a
prévenu qu’elle n’était pas là aujourd’hui suite à une invitation au mariage de son amie Sophie.
- Et bien comme quoi tout peut arriver, si même Sophie se
case enfin, ça devrait pouvoir t’arriver à toi aussi … réplique sa mère avant
de replonger dans ses mots croisés.
Comment supporter encore longtemps ce genre de sarcasmes ? Caroline se sauve plus qu’elle ne part et ravale ses larmes ainsi que les quelques paroles désobligeantes qu’elle lancerait bien à sa mère, fatiguée de l’entendre se lamenter sur tous les petits enfants qu’elle ne lui a pas encore fait…
Comment supporter encore longtemps ce genre de sarcasmes ? Caroline se sauve plus qu’elle ne part et ravale ses larmes ainsi que les quelques paroles désobligeantes qu’elle lancerait bien à sa mère, fatiguée de l’entendre se lamenter sur tous les petits enfants qu’elle ne lui a pas encore fait…
L’église est bondée, caroline
est en retard, une habitude qu’elle doit vraiment combattre. Elle se faufile un
peu, cherche des yeux les copines qui font partie de leur bande depuis leur
jeunesse. Une blonde échevelée lui fait signe, et permet à Caroline de s’asseoir
derrière un pilonne. Dommage, elle ne voit pas grand-chose du mariage, mais
elle est contente à l’idée qu’elle a une chance de s’amuser ce soir. Et puis
elle a plein de choses à raconter à ses amies qu’elle avait négligées ces
derniers temps, déprimée qu’elle était et de mauvaise compagnie comme elle se
plaisait à leur dire à chaque appel de leur part. Elle a enfin reprit un statut
social, elle ne pointe plus au pôle emploi et sa vie est redevenue
intéressante. Le sourire aux lèvres, c’est à peine si elle écoute le sermon du
prêtre, elle s’autorise même à penser que la chance tournant pour elle, elle
rencontrera peut-être enfin l’homme de sa vie et fera plein de petits enfants à
sa mère. Si dans les églises, les pensées sont des prières, alors elle n’a pas
fini de s’adresser aux anges et lorsque la musique de sortie s’élève, elle
redescend sur terre et se sent toute guillerette.
- Mais tu es resplendissante ! C’est cette mielleuse
de Romane qui lui sort sa phrase fétiche, avec elle tout le monde resplendit, à
croire qu’elle vit illuminée par ses rencontres, Caroline la délaisse très vite
pour aller embrasser la mariée.
- Félicitations ma chérie, lui souffle-t-elle dans la nuque
en l’embrassant, comme je suis heureuse pour toi
- Merci, merci, je suis sur un nuage et Cédric est le
meilleur des hommes, répond celle qui venait de dire « oui » pour la
vie. Je te souhaite le même bonheur Caroline. Tu sais où se situe la
soirée ?
- Oui, j’ai mis l’adresse sur mon GPS, ne t’en fais pas, je
ne me perdrais pas, je ne resterai pas très tard tu sais...mais elle n’a pas le
temps de finir sa phrase, la mariée est happée par le défilé des félicitations
et Caroline se retrouve sur le pavé de
l’église un peu étourdie par tant de monde.
Une fois dans sa voiture,
l’émotion qu’elle ressent est si forte qu’elle se retrouve inondée de larmes,
elle sait bien que ce n’est pas le moment de se laisser aller, que son rimmel
va couler, que ses yeux seront rouges d’ici deux minutes mais c’est plus fort
qu’elle. Ce mariage la déstabilise, qu’est-ce que ce sera après quelques verres
se dit-elle, en s’efforçant de faire disparaître sur son visage toute trace de
tristesse. Allez, ma grande, reprend-toi, tu as une nouvelle vie devant toi et
il doit bien exister sur terre un prince malheureux de ne pas rencontrer une
princesse de trente cinq balais et de lui faire plein de gosses.
La soirée se poursuit
lentement, Caroline est coincée entre une mamie qui a décidé de lui parler de
ses petits enfants, les énumérant un par un, listant toutes leur qualités, les
décrivant comme les plus beaux enfants du monde et le vieux tonton, ancien
guide de montagne qui inlassablement lui parle des courses qu’il a fait quand
il était jeune. Le nez dans sa salade de fruits, elle a hâte que ce repas se
termine et trie les morceaux de fraises un par un, histoire de se donner une
contenance et de faire passer le temps.
Enfin de la musique, la
mariée entame quelques pas de valse avec son père, le marié avec sa mère. Les
traditions ont la vie dure dans cette famille. Caroline s’est levée de table et
se rapproche d’un groupe d’amis qu’elle connait depuis bien longtemps.
- Oh, Caro, tu étais où ? C’est quoi ce plan de table, on dirait que Sophie a tout fait pour séparer ses amis…
- Oh, Caro, tu étais où ? C’est quoi ce plan de table, on dirait que Sophie a tout fait pour séparer ses amis…
- Pas si facile de contenter tout le monde, crie Caroline
dans ce brouhaha, et tirant par la manche sa copine Bénédicte, elle l’entraîne
dans la danse, viens s’égosille-t-elle, le disque-jockey a enfin compris, place
aux jeunes…
Elle danse depuis quelques
minutes, lorsque son regard s’arrête sur un homme qui vient de rentrer dans la
salle. Caroline se retrouve dans la seconde qui suit, en arrêt, ces hommes ne
sont autres que François et son cher associé qui le suit comme une ombre.
- Aie, glisse-t-elle à l’oreille de Bénédicte, je ne veux pas voir ces deux hommes, ce sont mes nouveaux patrons, je me demande bien ce qu’ils font là, je ne les ai pas vu à l’église tout à l’heure.
- Aie, glisse-t-elle à l’oreille de Bénédicte, je ne veux pas voir ces deux hommes, ce sont mes nouveaux patrons, je me demande bien ce qu’ils font là, je ne les ai pas vu à l’église tout à l’heure.
- Je crois que le plus grand est un ami du marié, tu as
enfin un travail ? Et tu fais quoi, cachotière ? Et sortant de la
piste, les voilà se repliant dans un coin de la salle.
- Tu es toute blanche, Caro, que t’arrive-t-il ?
- Je ne me sens pas bien, je crois que je vais rentrer, et
puis je ne tiens pas à me retrouver nez à nez avec eux.
- Tu veux que je te raccompagne, tu n’as pas trop bu ? Ça va aller ?
- Tu veux que je te raccompagne, tu n’as pas trop bu ? Ça va aller ?
- Oui, oui, ne t’inquiète pas, je vais juste faire un tour,
prendre un peu l’air.
- Ok, je retourne danser, lance Bénédicte qui
l’abandonne près de la porte.
Caroline est dehors, elle respire un grand coup, elle n’est pas très sure d’avoir envie de se voir inviter à danser par ce Romuald qui lui fait suffisamment de gringue au bureau, sans en plus lui donner l’occasion de la peloter sur une piste de danse. Elle décide de partir et retournant dans la salle pour récupérer ses affaires, elle ne voit pas le fil électrique posé par terre. Elle se prend les pieds dedans, titube puis tombe et tirant sur le fil par sa maladresse, elle entraîne l’enceinte posée juste vers la sortie. Celle ci s’ébranle et finit par tomber sur une dame assise qui portait son verre à ses lèvres et ne se doutait pas qu’une baffe allait lui tomber sur la tête. Cette dernière surprise se met à crier, Caroline, par terre elle aussi, se relève et se retrouve apostrophée par le mari de cette dame
Caroline est dehors, elle respire un grand coup, elle n’est pas très sure d’avoir envie de se voir inviter à danser par ce Romuald qui lui fait suffisamment de gringue au bureau, sans en plus lui donner l’occasion de la peloter sur une piste de danse. Elle décide de partir et retournant dans la salle pour récupérer ses affaires, elle ne voit pas le fil électrique posé par terre. Elle se prend les pieds dedans, titube puis tombe et tirant sur le fil par sa maladresse, elle entraîne l’enceinte posée juste vers la sortie. Celle ci s’ébranle et finit par tomber sur une dame assise qui portait son verre à ses lèvres et ne se doutait pas qu’une baffe allait lui tomber sur la tête. Cette dernière surprise se met à crier, Caroline, par terre elle aussi, se relève et se retrouve apostrophée par le mari de cette dame
- Dites-donc, mademoiselle, vous ne pouvez pas faire attention,
vous avez failli tuer ma femme
Dans la salle pleine de
monde, le temps s’est arrêté, Caroline, rouge de confusion voudrait passer par
le trou d’une souris et disparaitre, la musique est stoppée, les gens
commencent à affluer vers la victime.
- Je suis médecin, laissez moi passer, interpelle un homme
qui s’approche de celle qui se plaint de la tête, j’ai bien peur qu’il faille
vous emmener à l’hôpital, recevoir une masse pareille sur la tête peut
provoquer un bon traumatisme. J’appelle les pompiers.
- Je suis désolée, essaie de dire Caroline, mais personne ne
l’entend, elle qui voulait partir discrètement, vient de provoquer un accident…
elle a envie de pleurer, elle ne sait que faire. Se retournant vers son sac
qu’elle attrape rapidement, elle marche le plus vite qu’elle peut vers la
sortie. Un homme vient de la prendre par le bras, l’entraînant gentiment à
l’extérieur, elle se laisse guider comme étourdie, elle n’a même pas vu que son
genou saignait, elle veut juste s’en aller et rentrer chez elle.
- Et bien, pour une surprise, c’est une surprise, et de
taille avec tout ce vacarme, on peut dire que vous êtes un sacré trouble fête
ce soir, sourit son cavalier… qui n’est autre que François. Allez, venez, en
plus vous boitez, on va regarder ça. Ne vous en faites pas pour cette dame,
elle n’est pas morte, elle vient juste de prendre une baffe, on s’en remet,
croyez moi. Il faut dire qu’ils auraient pu éviter les fils qui trainent dans
une soirée dansante, vous pourriez presque porter plainte contre le DJ.
Cette dernière remarque
arrache un sourire à Caroline qui semble avoir perdu sa langue.
- Caroline, je ne savais pas que vous connaissiez Paul, lui
dit François, c’est un super copain, nous faisons du vélo ensemble depuis des
années. Je ne vous avais jamais vu avec lui.
- C’est peut-être parce que je suis amie avec Sophie, la
mariée, lui rétorque Caroline en retrouvant ses esprits. Je suis vraiment
navrée d’avoir provoqué cette catastrophe, je voulais juste prendre mon sac et
partir.
- Partir, alors que la fête ne fait que commencer… allons,
écoutez, ils ont remis la musique, vous voyez, rien de bien grave, allez venez,
je vous invite à danser, si votre jambe vous le permet évidemment.
- Et bien, je ne sais pas, je suis un peu fatiguée et…
- Pas de chichi, vous n’allez pas refuser une danse à votre
nouveau patron… Et il l’entraîne dans un slow que vient tout juste de relancer
le DJ…
mardi 1 avril 2014
Ecrivains dans un bocal chapitre 2
Suite de la nouvelle des écrivains dans un bocal : http://tudinescesoir.wordpress.com
Contrainte du chapitre 2
Lieu : un magasin de
bricolage
Action : votre héroïne
fait une découverte et doit évoquer l’auteur suédois Henning Mankell
Chapitre 2
Petit tailleur noir, chemisier blanc col Claudine, Caroline
arrive essoufflée à son nouveau travail.
Elle est à l’essai depuis quinze jours chez Romuald et François, ses deux
patrons et est devenue pour eux leur commerciale exclusive. Cette société vend
des sous-vêtements que ses patrons font venir de Taiwan et qu’ils revendent à prix d’or comme le nec plus ultra de la
mode du moment. Dentelle, petits boutons
nacrés, soutien-gorge et nuisettes non presque plus de secret pour elle. Les
gammes sont diversifiées et les couleurs variés, tout cela pour dire qu’elle
n’a guère le temps de s’ennuyer depuis son arrivée dans cette boite.
Elle relève de moins en moins ses cheveux qui tombent en
cascade sur ses épaules, elle s’habille plus « féminine » comme le
lui a demandé Romuald lors de leur entretien éclair dans un bar. Elle a d’ailleurs
bien remarqué les regards en coin que lui jette ce dernier lorsqu’elle passe la
porte le matin, elle a presque l’impression qu’elle est nue, tant il l’a
déshabille du regard et depuis quinze jours qu’elle est là, elle ne s’y habitue
pas vraiment. Mais elle est prête à faire l’effort de ne rien dire tant elle
est heureuse d’avoir son bureau. Quel bonheur de se retrouver dans le monde du
travail, elle n’arrive toujours pas à croire à sa chance, elle devrait pouvoir
prendre un appartement pour elle toute seule d’ici peu, en tous les cas à la
fin de cette période d’essai qui se passe pas trop mal. Elle occulte
volontairement tout ce qui la dérange et ne veut pas trop chercher à comprendre
d’où vient la marchandise. Elle a bien découvert des petites choses un peu
louches, comme des adresses bizarres sur les paquets qui arrivent presque tous
les jours, la forme des colis qui ne semblent pas forcément contenir des
sous-vêtements, et cette interdiction formelle de la part de Romuald d’ouvrir
les emballages et de rester trop longtemps dans l’entrepôt lui laisse penser
que tout n’est pas vraiment net dans cette société. Aura-t-elle un jour l’explication à ces
mystères ? Tout ce qu’elle sait pour le moment est dans le dossier que lui
a remis Romuald. Un dossier qui explique
simplement le travail qu’elle doit faire et la liste des magasins de
lingerie à appeler, à qui elle doit proposer les produits et décrocher des
rendez-vous qu’elle honorera au début avec l’un de ses patrons, puis toute
seule quand ils la lâcheront comme une grande dans la jungle de la vente. Elle
a une liste de tous les magasins de la région et commence à remplir son carnet
de rendez-vous à force de coup de fil et de persuasion. Dans tous les cas, elle
a besoin de ce travail et remet à plus tard une enquête qui pourrait ne lui
amener que des ennuis.
Caroline est plongée dans l’ordinateur et ne voit pas
Romuald appuyé au chambranle de la porte en observation depuis quelques
minutes. Lorsqu’elle se retourne, leurs regards se croisent, il la dévisage
carrément et Caroline baisse les yeux, comme elle le fait chaque fois. Elle ne
va tout de même pas se plaindre qu’un homme s’intéresse à elle, ça fait bien
trop longtemps que cela n’est pas arrivé, alors elle se contente de rougir un
peu et reprend contenance quand Romuald lui lance :
-
Caroline, aurais-tu la gentillesse de faire une
course pour nous, François et moi sommes entrain de monter l’étagère pour
l’entrepôt et il nous manque quelques vis.
-
Oui, bien
sur, j’y vais… le magasin de bricolage est tout prêt, j’en ai pour une seconde
-
Mets ce que tu prendras sur le compte, on
t’attend, merci Caroline.
Il avait dit merci en traînant un peu sa voix et dans un
sourire mielleux tout en lui glissant dans la main un exemplaire d’une vis…
et du coup, elle se demande si leur relation ne prend pas un tour un peu
dangereux. Mais elle tient tant à sa place qu’elle ne veut surtout pas
s’offusquer et prenant son sac, elle lui passe devant, il se recule d’un pas et
ne se gène pas pour suivre son déhanchement d’un regard sans vergogne.
-
Quel drôle de type, pense-t-elle… je préfère son
associé, au moins lui me respecte et ne me reluque pas ainsi.
Une fois à Bricorama, la voilà qui oublie son trouble et
circulant dans les rayons elle cherche les vis en question. Comme celles
qu’il lui faut sont sur la dernière étagère, elle monte sur la pointe des
pieds, et essaie d’attraper ce qu’elle est venue chercher. Bien occupée à ne
pas perdre l’équilibre, montant le pied sur le rayon du bas, elle ne voit pas
l’ombre qui s’approche d’elle et du coup, sursaute lorsqu’une main vient se
poser sur sa taille.
-
Laisse moi t’aider, la surprend Romuald, je t’ai
suivi, je n’étais pas certain que tu trouverais et…
Vraiment surprise, Caroline descend précipitamment de son
escabeau de fortune, se recule d’un
geste vif, se dégage rapidement, et s’exclame :
-
Mais j’aurai trouvé toute seule, pourquoi
m’envoyer vous chercher des visses si vous venez avec moi ?
-
Je me suis dit que ce pouvait être l’occasion de
se voir en dehors du magasin, François est tellement souvent derrière nos
basques, j’ai bien vu que cela te gênais et que tu ne peux pas vraiment
répondre à mes œillades… non ?
-
Quelles œillades ?, je suis chez vous pour
travailler, pas pour flirter il me semble
-
Oui, bien sur, mais les deux ne sont pas incompatible
et puis il me semble que l’on s’est plu tout de suite non ? au bar déjà
j’ai bien remarqué comment tu me regardais et comment tu avais envie que je
t’embauche, d’ailleurs dans l’intimité tu peux me tutoyer…
-
L’intimité, quelle intimité ? J’ai seulement
besoin d’un travail, je crois que vous vous m’éprenez, je dois retourner au
bureau, j’ai des coups de fil à passer !
Et sur cette dernière phrase, elle s’avance vers le
comptoir, pose la boite sur le tapis roulant en demandant à la caissière de
mettre cela sur le compte de la société R & F. Récupérant ses achats, elle
sort précipitamment et essaie de devancer Romuald pour entrer au bureau le plus
rapidement possible. Peine perdue, il est déjà là, à lui ouvrir la porte…
choisissant l’humour pour éviter de laisser s’installer entre eux un malaise,
elle se force un peu à sourire et lui rétorque :
-
Vais-je devoir faire appel aux services du
commissaire Vallander ?
-
de qui parles-tu ? répond Romuald étonné,
-
De rien, de rien, je plaisantais, j’invoquais
l’aide du héros d’un auteur de livre policier
-
De quoi parlez-vous ? intervint François
qui les voyant rentrer, s’avance vers eux,
tu t’intéresses à la lecture Romuald ? c’est nouveau ça….
-
Oh, je faisais référence à un de mes héros
favoris, le commissaire Wallander, mais il semble que François ne le connaisse
pas.
-
Le commissaire Wallander ? ah, super,
j’adore les romans de Henning Mankell,
vous avez des lectures sympas Caroline, il faudra qu’on en parle, reprend François
et attrapant par le bras Romuald, dont la mou prouve sa déception de n’avoir pu
répondre à Caroline lui même, il lance à son collègue :
-
Tu viens, on a du boulot sur la planche nous,
merci Caroline, on vous laisse à vos commandes…
Caroline de nouveau à son bureau est méditative. Cette place
lui plait, le travail est ce qu’elle aime et ce qu’elle sait faire, mais ce
type lui fait un peu peur… arrivera-t-elle à résister à ses avances ? Et
puis sa façon de la tutoyer alors que son autre patron la vouvoie, est-ce bien
normal ? Elle a hâte d’être embauchée définitivement afin de pouvoir
s’imposer un peu plus et mettre du coup un terme à ce malaise. En attendant,
elle aussi a du boulot sur la planche.
samedi 29 mars 2014
Écrivains dans un bocal
Suite à quelques clics bien placés sur internet, je découvre l'idée fabuleuse de deux amies du net : écrire une nouvelle à partir de consignes qu'elles tirent au sort... Après lecture de leur premier chapitre, je me laisse tenter par l'aventure et m'envole sur mon clavier pour quelques lignes sortant de mon imagination mais dirigées par leurs contraintes... Pour voir les autres textes... http://tudinescesoir.wordpress.com
Chapitre 1
La ville est à peine éclairée, elle court sur le pavé, elle
sait d’avance qu’elle va être en retard. Pourtant c’est un grand jour, le
premier rendez vous qu’elle décroche depuis des mois. Il faut dire qu’elle est
au chômage depuis si longtemps et pas foutue d’être à l’heure à un rendez vous,
de là à ce qu’il y est cause à effet, il n’y a qu’un pas. Mais elle n’a pas le
temps de s’analyser, pour une fois elle n’a pas réfléchi trois heures avant
d’accepter cet entretien, et le fait qu’il lui propose de la recevoir dans un
bar de la ville, ne l’a pas choqué plus que ça. Elle habite Reims, chez papa et
maman, n’ayant plus financièrement les moyens de payer un loyer. Le retour en
arrière fut difficile, surtout que cette solution n’avait pas que des
avantages; sa mère, depuis quelle a posé son sac dans sa petite chambre
d’adolescente, la matraque de sempiternelles phrases du genre : « tu
as bien envoyé ton CV au contact dont je t’ai parlé ?, tu n’y arriveras
pas si tu te lèves si tard…. » Et ce matin, elle est à deux doigts de
trouver que cette dernière a raison et qu’elle n’est pas à la hauteur même du
pauvre petit bout de salaire que lui verse Pôle emploi. Tout en courant ainsi,
elle arrive enfin face à ce bistrot et entre sans même un regard pour l’employé
derrière le comptoir. Elle cherche des yeux celui qui la veille, lui a donné rencart dans ce lieu un peu
étrange. Rien en vue qui ressemble à ce grand blond, à peine rasé et qui sur de
lui, lui proposait une place de commercial dans ce qu’il disait être sa boite.
Alors pourquoi ce lieu, se surprit-elle à penser ? Hier au soir, elle
n’avait vraiment pas les idées très claires. Néanmoins, elle est là et prend
place derrière une table à la nappe en plastique dont les couleurs sont autant
délavées que la propreté est douteuse. L’espace d’un regard, elle survole les
lieux, le café est presque vide, un vieux monsieur lit son journal dans un
coin, ce doit être un habitué qui vient chaque matin se rafraichir des
nouvelles du jour. Sinon, rien, pas de grand blond qui pourrait par un travail,
enfin faire basculer sa vie du côté clair. Derrière elle, une glace dans
laquelle est aperçoit son profil, sa queue de cheval lui donne presque l’air
d’une jeune fille, pourtant elle va déjà vers ses trente cinq ans et le sourire
qu’elle se force à s’envoyer n’est pas très sincère… comme si elle avait besoin
de se confirmer que son pouvoir de séduction était encore en action. Le serveur
s’approche d’elle et se penchant pour essuyer la table lui demande ce qu’elle
veut boire
-
Un café, s’entend-elle répondre, corsé,
rajoute-t-elle rapidement avant qu’il se retourne vers le comptoir.
Le temps de se replonger dans ses pensées en attendant son
sauveur, un homme qui vient de rentrer croise son regard, s’avance vers elle et
lui demande
-
Vous êtes Caroline ?
-
Heu, oui, non, enfin oui, comment connaissez
vous mon prénom ?
-
Je viens de la part de François, celui que vous
attendez, il m’a demandé de vous retrouver ici parce qu’il a eu un empêchement
et…
Décontenancée, Caroline se lève et bredouille
-
Ah, bon, ben ce n’est pas grave, on se redonnera
rendez vous une autre fois
-
Attendez, ne partez pas ainsi, je dois vous
délivrez un message de sa part.
Caroline, un peu gauche, se rassoit, réajuste sa franche,
ses mains transpirent un peu, elle commence à se demander si il était bien
raisonnable d’accepter de se rendre de si bonne heure dans un café avec un
homme dont elle ne connait que le prénom. Et celui qui se trouve en face d’elle
ne lui dit rien qui vaille. Il est brun, assez grand, et lorsqu’il tire la
chaise pour s’asseoir face à elle, elle comprend qu’elle ne peut qu’attendre de
l’entendre…
-
Je vous écoute, dit-elle dans une moue qui lui
fait ressortir les deux petites fossettes qui entourent sa bouche. Dans un
autre temps, elle savait ce geste irrésistible, mais ce matin, aucun calcul,
juste une lassitude qui révèle son manque d’entrain à poursuivre cette
conversation.
- Je
vous offre un verre ?
- Je
n’en suis qu’au café et…
- Un
deuxième café alors, dit-il précipitamment et se tournant vers le comptoir il
lance à la volée : deux cafés s’il vous plait. Puis de nouveau, son regard
plonge dans celui de Caroline qui se sent de plus en plus mal à aise. Pressée
d’en finir elle place rapidement sa question :
- - Alors, François a-t-il une place pour moi ?
- - Pas si vite, il faudrait déjà que tu me donnes
ton CV.
Il
l’a tutoyé d’un coup sans prévenir, ce qui renforce le sentiment oppressant
qu’elle ressent déjà. Le tour que prend cette conversation ne lui plait pas du
tout et faisant mine de se lever, l’homme appuie une main ferme sur son avant
bras et lui rétorque :
-
Dis moi déjà ce que tu sais faire, je suis
l’associé de François, nous avons une société qui fabrique des sous-vêtements
et nous cherchons une personne susceptible de nous aider pour la diffusion de
nos produits… tu me suis ? As-tu des références dans la vente ?
Timidement,
Caroline commence à débiter ses diplômes, sortant dans le même temps son
curriculum vitae qu’elle lui tend d’une main tremblante et en
bredouillant
- - Il est à jour, je suis sans emploi depuis
plusieurs mois, mais j’ai déjà travaillé dans la vente et….
- - Ok, pas de problème, tu commences demain !
répond l’associé tout en détaillant le document, par contre, il te faut
t’arranger un peu.
- - C'est-à-dire ? reprend Caroline
- - Et bien, je ne sais pas, te mettre sur ton
trente et un, une jupe au lieu d’un jean, un chemisier au lieu d’un pull, les
cheveux détachés … féminine quoi !
Et
au regard que lui lance Caroline, il reprend plus posément :
- Mais
ne t’inquiète pas, tu es très jolie et ce ne sera pas difficile… non ?
Lui
tendant sa carte avec l’adresse de sa société, il se lève précipitamment.
- Bon, tu m’excuses mais j’ai plein de rendez-vous, on se retrouve demain, 9 heures à cette adresse, on parlera des formalités et tu verras on va bien accrocher tous les trois…
- Bon, tu m’excuses mais j’ai plein de rendez-vous, on se retrouve demain, 9 heures à cette adresse, on parlera des formalités et tu verras on va bien accrocher tous les trois…
-
Tous les trois ? répond Caroline complètement déstabilisée par cet
entretien
- Oui,
enfin Toi, François et moi… on va faire un tabac… allez je file, à demain
Et
sur cette dernière phrase, il se retourne et sort du bar aussi vite qu’il était
entré…
Caroline,
plutôt sonnée, ne sait pas trop que penser de cette embauche éclair, elle se
demande si elle n’a pas rêvé et quelle est la décision qu’elle doit prendre.
Mais revenant à la raison, elle finit
par se dire qu’elle n’a pas vraiment le choix et que demain est un autre jour… elle
aperçoit alors son reflet dans la vitre et respirant un bon coup, se forçant à
sourire elle défait ses cheveux et se met à regarder par la fenêtre.
lundi 17 mars 2014
Elle me manque
Elle me manque… je pense souvent à elle. Difficile de croire
que cette étoile qui brille dans le ciel
est devenue sa demeure depuis qu’elle est partie. Elle me manque parfois juste
un peu, dans le regard d’un passant, au fredonnement d’une chanson. C’est une
pensée furtive qui traverse mes heures sans m’avertir, là, comme ça, juste en
passant. Une pensée qui s’installe parfois, s’entête en moi, un regard bleu qui
me revient, un sourire qui me trouble, une larme qui s’arrête au bord, juste au
bord de nos yeux. Ces yeux qui ressemblaient aux miens, cet azur qui était plus
qu’un lien. Elle me manque souvent, lorsque le nez au vent, je sens sa présence…
une feuille qui tombe, une branche qui bouge, un ange qui passe et cette pensée
qui s’obstine ! Elle tourne autour de moi quand les petites sont là, quand
je la cherche d’un regard pour lui montrer leur progrès, quand je prends mon
téléphone et le repose avec regret… j’aimerai encore lui dire comme ses
arrières petites filles sont belles, comme certaines fois, elles me font penser
à elle, comme leurs yeux bleus sont des clins d’œil du ciel et comme j’aimerai
qu’elle veille encore sur elles. Elle me manque quand je cherche le sommeil,
quand je peins seul dans mon atelier et que j’ai tant envie de lui montrer ce
qui prend vie sous mes doigts… Elle me manque quand je me souviens comme elle
aimait que je lui apprenne à poser ses doigts plein de pastel sur la feuille colorée
et à glisser son index pour y lisser les traits. Elle me manque quand je fais
les comptes de papa et qu’elle n’est plus là pour me lire les chiffres comme
une aide comptable qui se fatiguait vite et était si heureuse que je m’en
occupe. Elle me manque quand je sens un peu d’air frais passer sur mon épaule
comme un petit rappel qui me frôle. Elle me manquera toujours cette petite maman que j’aimais…mardi 26 mars 2013
Le rêve de Laure
C’était complètement fou, je
volais dans les airs sans savoir vraiment où aller. Les toitures de maisons
étaient mon horizon et lorsque je planais dans toutes les directions c’était
sensationnel. N’empêche que j’avais tout de même plein de problèmes à régler ce
jour là et on m’avait donné l’adresse d’un super psychologue tellement renommé,
que l’on faisait la queue devant son cabinet pour le consulter. J’aperçus de ma
hauteur, le long chapelet que formaient tous ses clients, comment faire pour
aller interroger ce manitou sans que cela me prenne le jour entier ? Je le
voyais par transparence assis à son bureau, à l’écoute, sérieux, dodelinant de
la tête, et donnant à chaque visiteur une ordonnance. Ces derniers repartaient
le sourire aux lèvres, le pas léger et je les enviais de mon point de vue
culminant. Sans réfléchir aux conséquences, je fonçais tête première vers la
procession et fendant le plafond, j’atterris dans la file sans demander la
permission. Des oh, des ah s’exclamèrent de toutes parts, voulant me faire
comprendre leur indignation, les gens commençaient à me pousser du coude, à me
bousculer vraiment, mais c’était sans compter sur ma force de persuasion, sur
le sourire ravageur que je leur lançais, sur la volonté de fer que j’avais de
rester derrière les quelques personnes proches du bureau du gourou.
Arriva très vite mon tour, et
une fois en face de lui, je commençais à bafouiller, il faut dire que je
n’avais pas vraiment prévu l’ordre de mes questions à lui poser, mais j’arrivai
enfin à les lui formuler :
-
Rien ne va dans
ma vie, mon mari ne me regarde plus vraiment, mes enfants sont constamment
malades, mes finances sont catastrophiques, je ne fais que pleurer sur mon sort
et…
D’un geste du bras, il me coupa
très vite la parole, était-ce parce qu’il ne pouvait consacrer beaucoup de
temps à ses patients ? Toujours est-il qu’il eu la même expression que je
lui avais vu du haut du ciel, un air sérieux, la tête allant de droite à
gauche, un doigt posé sur ses lèvres, en pleine réflexion… Il appuya ensuite
sur quelques touches de son ordinateur placé face à lui, et sortit une feuille
pleine de graffitis qu’il me remit. Sur cette ordonnance était noté le
prix : 80 euros pour ce bout de papier… Je payais effarée du montant et étonnée
que l’entretien se termine déjà, sans même un mot de sa part, je m’éloignai
pourtant le sourire aux lèvres en lisant les quelques lignes qui composaient cette
prescription. Tout en sortant de la pièce, croisant quelques regards courroucés
de ceux que j’avais devancés, je flottais de nouveau dans l’air et repris mon
envol jusqu’au prochain nuage où je pus détailler à loisir la liste de ce que
je devais prendre pour remettre ma vie à l’endroit :
Prendre chaque jour
-
Du chocolat
additionnée à du miel : 3 ou 4 carreaux
-
Un bon repas bien
équilibré
-
Une sortie en
amoureux avec l’homme de votre vie !
C’était
exactement ce dont j’avais besoin….
mercredi 27 février 2013
Allez, viens...
Allez
viens, on va aller se faire plaisir… viens prends ton manteau et sortons,
allons nous aérer dans quelques magasins de la ville et distribuer les quelques
sous qu’il nous reste, allez viens, on va aller se faire plaisir, se décrocher
la lune avec tout notre argent, s’offrir des rêves en bois en or ou en argent….
Allez viens, donne moi donc la main et sautons à pieds joins sur les
convenances de la vie, ne regardons pas si on pourrait en faire autre choses,
si les placards sont bien remplis, viens et changeons nos rêves en réalité,
achetons tout ce qui nous fait envie, ne regardons pas ce dont nous avons
besoin, nous avons déjà tant et tout ce qu’il nous faut, faisons juste le saut
qu’il faut pour emporter la raison, là-bas vers notre déraison…
allez viens,
arrête de réfléchir, laisse tomber ces comptes, demain est un autre jour,
aujourd’hui, il faut le vivre et ne plus nous en faire pour ce que sera demain,
allez viens, je te dis, arrête de soupirer sur l’insécurité ou sur le contrat
jeune emploi, viens et ferme un peu les yeux sur tout ce qu’on te dit, sur tout
ce que tu entends, n'entends tu pas au loin les cloches qui sonnent et
t’appellent, allez viens donc en courant, laisse l’urgent au plus tard et le
nécessaire au plus pauvre, nous sommes riches de ce que nous n'avons pas, nous
sommes riches de ce que nous allons voir, chercher, respirer, riches de ce que
nous allons oser faire, viens et ne te tourne plus les sangs en dessus dessous
de tout ce qui te retient… viens et remet à demain tout ce que tu dois faire,
filons, viens courons comme l’air sur tous ces chemins que la raison libère… Lance toi le défit de savoir dire oui à toutes tes envies, lance toi le défit
de crier à la vie, lance toi le défit de mordre dans cette folie qui attrape ta
pensée, qui ficelle tes idées, laisse les se détacher, laisse les te libérer et
viens attrapons vite ce train qui passe là-bas, au loin, jette tes « à
priori » tes « à quoi bon », tes réticences, viens tu
coures si bien, alors profite de ce soleil pour courir après l’abeille, courir
après la veille qui arrive si vite et rattrape la avant qu’elle ne t’agrippe et
ne te "grippe….avis l’air" est frais
et les rayons du soleil nous tentent, viens et ne pose plus de problèmes à tous
tes orteils, chausse n’importe quelles pompes et respire l’air qu’il fait….
Rien ne sera plus pareil après et tu le sais….
Dépose
tes idéaux, laisse aux autres les cartons rouges et jaunes, prends le train de
la vraie vie et saute à pieds sous la pluie d’étincelles, de lumière et
d’irréelle… L’amour virtuel n’est rien que de l’éphémère, le vrai le beau
t’attend là-haut, cours après lui et attrape le… ça vaut le coup de prendre son
cou à ses genoux et de courir ainsi très vite, comme un dératé de la vie, comme
un saboté du bonheur, qui sait qu’il sait fait avoir et s’enfuit pour ne jamais
plus voir, ces peccadilles de bonheur qu’on lui a fait prendre pour du vrai,
ces brindilles d’herbes vertes qu’on a ramassé sans savoir que c’était que du
leurre, et que ça comptait pour du beurre …. Barre toi bien loin de ces
mensonges et tu verras plus loin que tes songes, la Vie , la vraie qui t’attend,
t’espère et qui demain sera à toi….
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