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lundi 18 avril 2016

Zénitude

Zénitude du moment, le calme après la tempête, juste un instant présent mis entre parenthèse. Une pause, le doigt sur le bouton off, je profite de cette calme providence que m’offre cet instant présent. Dorlotée dans cette parenthèse, je me recentre surmoi même juste le temps d’un moment pour savourer cette sérénité dans lequel je me plonge avec délice. Un cadeau de la vie qui me permet d’être ici et maintenant dans cette vivance présente. Un présent de la journée sur lequel je pose un regard bienveillant. Juste envie de passer ce moment sereinement dans la douceur de l’instant. 

dimanche 3 avril 2016

La fontaine de jouvence

La fontaine de jouvence est remplie d’amour et déverse sur nos vies des pluies de petits bonheurs qui nous gardent jeune dans nos cœurs.
La fontaine de jouvence est remplie de petits mots tendres, nous étonne et nous réinvente chaque jour qui se lève.
La fontaine de jouvence est remplie de petites folies  qui nous surprennent constamment et nous permet de rire de tout et de rien chaque matin.
La fontaine de jouvence est remplie de souvenirs qui s’étirent, se délient, se méfient des trous de mémoire en sautant sur les appareils photo prêts à dégainer au moindre mouvement de scène. Un flash par ici, un regard par là, et c’est dans la boite pour remplir un peu plus la fontaine.
La fontaine de jouvence n’a pas de bouchon, elle dégouline de sourire et nous remplit d’audaces, la fontaine de jouvence s’ouvre tous les jours et nous envoie des signes par delà les montagnes. Et c’est le temps du froid qui  cache notre nez, et c’est le temps du soleil qui nous lance des cerises, la fontaine de jouvence donne en abondance et nous rapporte bien plus qu’un portefeuille joufflu.
Et tous les soirs, après avoir emmagasiné ces bonheurs en file indienne, la fontaine de jouvence nous les distille dans le noir, alors que nos yeux se ferment en nous acheminant vers nos rêves.

Fontaine : une chose est certaine, je boirais bien de ton eau tous les jours ! 

mercredi 30 mars 2016

Envol

Un rêve que je fais souvent et depuis que je suis enfant, c’est le rêve de voler dans les airs. Le décollage est toujours le même, j’ai devant moi un grand espace, un champs ou une route très large, je commence par écarter les bras, puis je me mets à courir de plus en plus vite, jusqu’à ce que je ne sente plus le sol sous mes pieds et que les bras toujours en croix je m’élève dans le ciel. J’ai la sensation de voler haut, de voir le monde en bas, tout petit, je ressens une vraie griserie, je m’approche de la vraie liberté, comme un oiseau, j’ai l’impression de pouvoir aller où je veux. Le vent me caresse le visage, mes vêtements flottent comme des drapeaux, je monte toujours plus haut jusqu’à ce que le rêve s’éternise, jusqu’à ce que le rêve se finisse. D'autres fois, je m’envole pour échapper à un danger, pour semer mon adversaire, le voir se dépatouiller en bas alors que je souris d’être déjà si loin de lui. Mes bras écartés, je coure de toutes mes forces, quel bonheur ce décollage sensationnel qui me surprend à chaque fois ! Petite, il m’arrivait de ne plus savoir si c’était un rêve ou la réalité et de me persuader que je savais voler. Depuis, je vous rassure, je fais bien la part des choses, mais n’empêche que le plaisir est toujours le même et que l’envol est un bonheur suprême…

dimanche 12 avril 2015

Dialogue de sourds à la SNCF, histoire vécue le mois dernier !

Dialogue de sourds

Je dois prendre un train de bien bonne heure ce matin là, et arrivée toute endormie vers 5 h 30 pour partir sur Paris, j’ai la désagréable surprise de me retrouver avec un train annulé pour suicide sur la voie. Quelle idée de se suicider juste ce jour là ! Du coup, mon cher et tendre mari, bien que pressé de rentrer au chaud chez nous, me propose de m’emmener sur Valence TGV où je dois retrouver mon amie AL avec qui je pars dans la capitale. Le deal était qu’on se retrouve à la gare de Valence ville d’où le fait que j’avais le billet pour cette gare et qu’elle avait pris les billets pour la suite du trajet. Mais par peur de rater le train de valence ville, nous voilà parti en trombe à Valence TGV. Arrivée sur place, il ne me reste plus qu’à attendre quelques quarts d’heures que mon amie arrive. Ayant le temps devant moi, je me dirige vers le guichet, où un agent de la SNCF commence tout juste sa journée après nous avoir régalés d’un petit concert sur le piano de la gare. Le voyant ouvrir le bureau je m’y engouffre et lui tends mon billet non utilisé et pour cause !
-          Bonjour, je viens voir si vous pourriez me rembourser ce billet que je n’ai pu utiliser ce matin ?
-          Oui, c'est-à-dire, vous allez où ?
-          Non mais  ce n’est pas le problème de mon départ, c’est plutôt que je n’ai pu prendre le train pour aller de Montélimar à Valence ville parce que le train a été annulé
-          Vous avez 24 heures pour vous le faire rembourser
-          Oui, c’est bien pourquoi  je suis devant vous… là maintenant
-          Ah mais vous êtes à Valence TGV là
-          Oui, je sais c’est mon mari qui vient de m’y déposer
-          Vous auriez du vous le faire rembourser à Valence ville
-          Mais c’est bien une gare ici, et on peut bien se faire rembourser son billet dans n’importe quelle gare non ?
-          Oui, mais vous allez où ?
-          Je pars sur Paris, mais là, je vous parle du billet de Montélimar Valence Ville
Il plonge alors sur son ordinateur en me lançant :
-          C’est un billet physique ou générique ? Vous avez le numéro de réservation ?
-          Heu pour Valence ville ?
-          Non pour Paris
-          Mais celui de Paris je le garde
-          Oui, j’ai compris mais j’ai besoin de ce renseignement pour vous retrouver dans le fichier, montrez moi votre billet pour Paris
-          C’est que ce n’est pas moi qui ai pris ce billet,  moi j’ai juste pris celui pour Valence Ville…
-          Et vous ne savez pas comment il a été pris ? Donnez-moi votre nom et prénom
Je ne pose pas plus de question et lui donne mon  nom et mon prénom.
-            Je vais voir si je vous retrouve dans l’ordinateur et d’ajouter  sans lever la tête : je ne vous retrouve pas
-          Ah, alors c’est peut-être un billet physique,
-          Mais ça change tout ça, dans ce cas, il faut voir à votre arrivée à Paris
-          A Paris ? Mais c’est celui de Montélimar valence ville que je veux que vous me remboursiez…celui que vous avez là, billet du train que je n’ai pas pu prendre ce matin…
Exaspéré, il reprend,
-          Oui, mais vous êtes à Valence TGV ici, et vous partez sur Paris
-          Mais enfin, j’aurai bien pu prendre un billet pour Valence ville pour  y passer deux heures sans forcément partir sur Paris et venir ici vous demander de le rembourser puisque je n’ai pas pu le prendre à cause de la SNCF Non ?
-          Oui, mais comme vous allez à Paris, c’est mieux de le faire rembourser là bas, moi je ne peux rien faire ici
-          Mais c’est fou ça…je suis bien dans une gare non ?
-          C’est le règlement
-          Bon rendez-moi ce billet, je vais me le faire rembourser ailleurs,
-          Vous avez 24 heures pour ça !
-          Et bien ça va être difficile car à Paris je n’aurai pas le temps de m’arrêter au guichet et c’est bien pour ça que je voulais faire la manip ici…
-          Mieux vaut faire ça à Paris, s’entête l’agent
-          Oui, j’ai compris, et c’est le règlement, mais autre chose, c’est bien un billet de RER, pas de TGV non ?
-          Oui
-          Et je peux donc l’utiliser encore non ?
-          Oui, vous avez un mois pour ça mais pour vous le faire rembourser vous perdrez alors 10 %
-          Bon, là je perds surtout mon temps et je vais finir par rater mon train pour Paris. Et bien je n’ai pas tout compris et tout ça à cause d’un suicide…
-          Ah, si la cause de l’annulation d’un train est un suicide, vous ne pouvez pas vous le faire rembourser…
-          Ah bon, mais je n’y suis pour rien moi
-          Oui, mais la SNCF non plus, ce n’est pas de notre faute si les gens se jettent sous les trains
-          Allez rendez moi mon billet et on en parle plus d’accord, je verrai bien ce que j’en fais.
Il me tend mon billet et m’en allant, je me retourne et lui demande :
-          Juste pour une info, est-ce que je peux aller sur le quai sans faire oblitérer mon billet pour Paris ?
-          Ah, non, l’oblitération est une obligation
-          Oui, mais c’est mon amie qui a mon billet pour Paris,
-          Alors vous ne pouvez pas monter dans le train sans billet…
-          Mais je vous dis qu’elle est dans le train, bon laissez tomber, je vais me débrouiller sans vous
-          Bon voyage Madame, me répond-il
-          C’est ça, Merci
Et je m’en vais sans un regard, énervée et en même temps amusée d’avoir participé  à un sketch de Raymond Devos

Je retrouve alors mon amie sur le quai qui me tend mon billet et je lui raconte que j’ai beau être blonde, y’avait plus fou que moi, en face à ce guichet… 

samedi 27 septembre 2014

Porte qui vole amasse des bosses...

Être handicapée a au moins un avantage, particulièrement quand il fait beau, que le soleil brille au bord d'une piscine chaude et que la musique est douce à côté de moi : repos obligé et du coup apprécié…
N'empêche que pour le coup la fontaine de jouvence m’aurait bien rendu service. J’aurai bien besoin de son pouvoir,  pas beaucoup,  pas de quoi redevenir jeune et  belle,  ça, ce sera pour plus tard…  Non juste quelques gouttes afin de perdre, non pas quelques kilos mais quelques jours et revenir en arrière de deux ou trois pour éviter ce moment où je suis allée chercher ces foutues chaises au garage.
Des chaises qui n'ont même pas servi en plus, ou du moins juste à me faire tomber une porte sur la tête. Et oui, parfois les éléments sont contre vous et même les portes s'en mêlent. Ce n'est pourtant pas courant de recevoir un chambranle derrière la tête quand on vient innocemment chercher quelques fauteuils de jardin.
Cette porte ? cela doit bien faire plusieurs années qu'elle repose là contre l'encadrement sans n'avoir jamais menacé personne  et j’arrive pleine d'entrain, voulant aider à  l'installation de la fête de ce soir et la voilà qui se rebiffe de ne pas avoir été posée comme ses consœurs avec tout l’art du meilleur bricoleur.
Alors, lorsque je la pousse un peu de l'intérieur parce qu'il m'est impossible de passer avec mes trois chaises dans les bras, la voilà qui sort de ses gonds et profite de mon dos tourné pour me tomber dessus ! Je ne l'ai même pas entendu ricaner derrière dans mon dos avant de s’abattre sur le bas de mon crâne de toute sa hauteur.
C'est à genoux pourtant que je me retrouve, un gros bleu le prouve encore sur mon ménisque  droit. Mais que dire de la bosse qui pointe depuis au dessus de ma nuque ?  Un peu sonnée mais pas assez pour m'achever,  je me relève,  je vais tout de suite plaisanter de ma déconvenue : dis donc j'ai bien failli mourir !
Une radio et un scanner plus tard, je me retrouve coincée dans ce carcan de minerve qui fait rien qu’à m’énerver… vivement que le temps fasse son travail, parce que moi, du coup, je ne peux plus faire le mien pour quelques semaines…
Alors ces quelques gouttes de l’abbé soury, m’aurait peut-être permis de trouver une autre occupation que d'aller chercher des chaises dans ce foutu garage ! 
Et je serais de nouveau la B qui sourit… pour vous.


jeudi 20 mars 2014

un, deux, trois et hop...

Quelques phrases posées là et me voilà rêvant d’un ailleurs, d’un extérieur surtout où je pourrais courir dans la lande et souffler sur les anges qui voleraient autour de moi. Quelques phrases lues et relues et l’envie de rire me prend fougueusement, comme une vague qui monte et m’accompagne dans ma joie. Sérénité et harmonie sont les mots qui me prennent d’assaut depuis ce mardi soir où j’ai décidé de les apprivoiser pour de bon. Envie d’être bien, d’être celle qui positive, fidèle à ma réputation. Quelques fleurs posées là et je me vois déjà les peindre et les détailler de pastel, les emmener dans mes créations pour les rendre éternelles…quelques fleurs posées là qui ne termineront pas au terreau, qui resteront sur le tableau comme un moment figé du regard qui s’est posé. Quelques lignes versées là et je sens le regard par-dessus mon épaule, qui découvre étonné ces quelques vers liés. Un regard bienveillant qui n’arrêtera pas l’encre de couler, les mots de se rassembler, les phrases de se poser et les mains de taper sur le clavier. L’inconnu m’emporte jusqu’au rivage du temps et si je découvre enfin l’horizon c’est pour sauter dans le pré de la déraison.
Un, deux, trois, surtout ne pas marcher sur les traits du trottoir qui pourraient me faire broyer du noir… un , deux, trois, surtout ne pas sauter trop haut pour ne pas redescendre trop bas… je cours plutôt d’un point rose à un point blanc, d’un regard à un sourire, d’un amour à une amie… je cours plutôt d’un pas léger, sautillant de rosée, se posant doucement sur la pointe des pieds, envie tout de même de faire des pieds de nez… je cours après la vie pour ne pas qu’elle m’oublie, je cours après la source même de tous les fou-rires. Je nage dans l’eau vive des rayons de soleil qui ne vont pas manquer de me frôler bientôt comme un printemps nouveau. Je marche en zigzag entre les cailloux encombrants d’un chemin cahotant… je passe par-dessus l’un d’eux, je contourne le deuxième, j’envoie valser le troisième, je regarde de loin le quatrième et reste indifférente au cinquième… tous ces cailloux qui traversent ma vie, je les regarde, je leur souris… c’est ainsi que je grandis encore. Encore un petit effort pour souffler mes bougies d’ici quelques semaines. Un, deux, trois et hop, je suis avec toi.


lundi 24 février 2014

Les bouquets de fleurs sont gratuits...

Ah mais pourquoi serait-ce à moi de payer ? Les bouquets de fleurs sont gratuits d’habitude…
Pourquoi devrais-je donner le peu de monnaie qui me reste pour quelques fleurs fanées qui ne sentent même plus rien et ne feraient que salir un peu plus mon entrée…. Mon entrée dans ce monde moi qui ne fait que passer… Mon entrée par cette porte que j’ai trouvé fermée et qui d’un coup de coude a finie par céder… Mon entrée de côté où les forts vont gagner  et où tous les petits ne feront que pleurer… Mon entrée sur la terre pour qu’elle continue de tourner avec un être en plus pour bien la relancer dans le sens opposé des aiguilles de la montre afin de faire aussi quelques pas de côté et reculer un peu pour voir ce que ça peut donner… Pourquoi devrais-je payer aussi pour cette entrée et n’être pas certaine de sortir la tête haute et les deux pieds bien posés sur le sol de cette note de musique qui m’entraîne jusqu'au « do » de la fin de la gamme, à moins que ce ne soit le « dos » qui la commence et pas qui la condamne à se terminer en queue de poisson sans même chercher à en voir la raison… Raison de cette entrée dans le beau monde un jour, alors que mes amis n’y sont pas invités… alors que mes amours eux-mêmes ont renoncé à entrer dans ce bal de la renommée… sans même m’en informer…

Mais pourquoi serait-ce à moi de payer leur entrée pour ne voir que le mauvais côté de la vie d’à côté… Les bouquets de fleurs sont gratuits quand le fleuriste est celui qui m’a pris la main et m’entraîne sans fin sur son chemin…. Alors je veux des roses et des capucines pour faire danser les vases dans ma cuisine et faire chanter les murs de ma vitrine… donnez m’en plein les mains, plein les yeux, plein le cœur et aimez moi aussi comme on aime une fleur…. Sans raison, sans façon mais tendrement avec passion….

vendredi 20 décembre 2013

Un peu de légèreté...

Feuille d’automne…
Un peu de légèreté, comme cette feuille qui balance au gré du vent sur ce majestueux planté là…
Un peu de légèreté, comme cette feuille qui se détache de l’emprise de ce mastodonte et s’envole dans les airs délicatement prisonnière du mouvement.
Un peu de légèreté, comme ce petit parchemin de couleur qui se dirige tranquillement vers son destin… 
Un peu de légèreté, comme cette charmille qui virevolte dans l’insouciance d’un avenir trop proche. 
Un peu de légèreté, comme cette petite pousse abîmée par le temps qui se pose enfin nonchalamment sur un sol humide où plus rien ne l’attend.
Un peu de légèreté, comme cette feuille étalée qu’une botte vient écraser d’un simple coup de talon.
Un peu de légèreté, comme cette pauvre déchiqueté qui dans la terre enfonce son nez pour se retenir de pleurer…
Un peu de légèreté, comme cette feuille morte à peine embarquée par la vieille pelle de ce vieux jardinier…
Un peu de légèreté, comme cette jolie feuille recomposée par les couleurs du passé, qu’une petite main menue est venu sauver du compost pour en faire le bouquet de la saison d’automne, celui que l’on offre comme un léger cadeau, avant le grand froid, contre le sourire tout doux de la plus belle des mamans.

Un peu de légèreté dans mon cœur jusqu’à l’été… 

vendredi 29 novembre 2013

Et si...

Et si on faisait comme si c’était avant, si on disait que le temps n’a pas d’emprise sur les gens, si on inventait les histoires avant de les vivre, pour être certain de ne pas se tromper de livre… ?
Et si tout était faux, le vrai, le beau, le vilain, le chaud… si tout était juste pour nous faire croire aux rêves et aux idéaux ? Et si on faisait comme c’était avant, comme on voulait que ce soit encore, si on disait que le temps s’arrête juste avant la seconde où l’histoire s’est arrêtée, juste avant l’instant T, celui qu’on voudrait tant oublier… si on disais que tout cela n’a pas exister, qu’on rembobinait le film pour continuer la vie autrement, On coupe, on retourne la scène mais différemment, une scène où il n’y a plus de méchant, plus de vilain, une scène où tout revient comme avant le cauchemar, comme avant que ça foire… Si c’était ça la vraie vie, la possibilité de tout recommencer jusqu’à ce que la prise soit bonne et qu’on puisse continuer dans les conditions souhaitées… allez disons que c’est ce qui va se passer, et reprend ton sourire, on va tout recommencer à zéro et ne plus jamais aller jusqu’au pire…

Et oui, je délire évidemment, mais l’utopie permet l’espoir que les choses changent quand on les pense immuables… j’en ai fait le rêve, il devrait bien s’y coller une réalité qui lui ressemble. … non ? 

mercredi 23 octobre 2013

Heures de Pointe !

Une grande brune habillée toute en noir n’arrête pas de parler au téléphone et sa voix m’agresse, j’avais tant envie de calme ! Dans ce train bondé, impossible de changer de place. J’en suis à souhaiter que le réseau se coupe, que le train ne prenne plus que des tunnels infinis et que la lumière ne revienne qu’à destination du voyage. Ouf, le ciel m’a écouté, elle est tout hagard devant son portable arrêté, essaie en vain de le remettre en marche, se plaint que ça ne capte pas… son petit malheur fait mon grand bonheur d’un silence bien mérité… mais pas de chance, un reliquat de réseau est revenu m’empoisonné et la voilà qui reprend sa conversation, là où elle l’avait laissé, criant un peu plus pour se faire entendre et mélangeant dans son français quelques brides de sa langue maternelle. Mais facile de comprendre qu’elle parle de ses enfants, de la façon dont elle les habille, des caprices qu’ils font tout le temps… le contenu d’une conversation sans aucun intérêt, sans doute pour éviter de se retrouver seule avec elle-même…
De grands cheveux ébène encadrent son visage, je me surprends à la détailler n’écoutant plus son babillage. Elle téléphone comme si elle jouait un rôle, se doigts passent sans cesse sur sa frange, ses yeux noirs roulent autour d’elle à la recherche d’un détail qui les accrochent, sa bouche pulpeuse, dessinée au crayon rose, s’ouvre et se referme à une vitesse impressionnante, vertigineuse dont les sons sortent sans cesse… des mots de toutes sortent s’additionnent les uns aux autres, elle parle d’arrêt maladie, de ramadan, de crèche pour les enfants… elle doit saouler autant son interlocutrice que moi, victime de son bavardage. Elle ne raconte vraiment que des banalités et je retiens très fort mon envie de lui arracher ce boitier maléfique pour qu’elle se taise enfin ! Vive les voyages en train aux heures de pointe!


vendredi 18 octobre 2013

Drôle de Mariage

Il se passe parfois des choses dans la vie qui font poser plein de questions, des événements que l’on croit pouvoir contrôler un tant soit peu, et qui nous échappent totalement… et quand je dis totalement, c’est bien le bon mot… on se retrouve passif, oisif, un peu déboussolé, un peu contrarié, à faire bonne figure devant tout ce monde réuni et dont on fait partie en se demandant du coup, ce qu’on fait là… je suis bien consciente de ne pas vous expliquer la raison de cet étourdissement qui m’a pris lorsque, persuadés de nous rendre à l’anniversaire de notre fils et de son amie, nous nous sommes retrouvés sur la place de la mairie après un soit disant jeu de piste, à regarder s’installer un monsieur portant une banderole bleu blanc rouge, juste devant la porte de la dite salle commune.
Alors on se demande ce qu’il fait là, on n’ose pas se dire que c’est pour un mariage qu’il installe une table avec le joli buste de notre Marianne nationale. Et puis, on est là pour un anniversaire, les trente ans de notre fils, non ? Alors quand on voit arriver notre adorable grand garçon, habillé bien drôlement pour un anniversaire : veston mauve, casquette violette, cravate dans les mêmes tons, jolie chemise fleuri et pantalon presque chic… on commence à laisser germer les questions qui refusaient d’aborder notre cerveau bien embrumé par le refus de penser… et lorsque s’approche celle qui partage sa vie depuis presque dix ans et qui nous a déjà donné deux adorables petites filles, dans une tenue bien accordée à celle de notre fiston… une robe bleue marine avec plein de tulles de toutes les couleurs en jupon, on se dit qu’il se prépare un événement que là, on n’a pas, mais alors pas du tout vu venir. Enfin pour être honnête, évidemment qu’un anniversaire dans un château, ça nous avait paru un peu démesuré pour nos enfants, mais ils étaient deux à fêter leur trente ans… notre fils et sa compagne, alors pourquoi pas ? Et puis lorsque ce soupçon s’imposait à notre esprit, on le repoussait violemment avec cette assurance : non, notre fils ne peut pas nous faire ça ! il nous l'aurait évidemment dit... 

Enfin, nous voilà au jour J, celui où votre fils dit « oui » à sa chère et tendre, et vous vous félicitez secrètement d’être allée chez le coiffeur la veille. Bon, comme il fait froid, qu’il pleut à moitié, et que vous vous croyiez juste dans un jeu de piste, vous n’avez sur vous qu’un vieux jean, la doudoune de l’hiver, et des chaussures montantes histoire de ne pas vous geler. Rien à voir avec la tenue somptueuse que vous auriez éventuellement pu imaginer porter pour ce grand jour. Bon, tout ça passe encore, mais c’est vrai que j’aurai aimé prendre le bras de mon fils et rentrer avec lui dans… la mairie, ne m’illusionnant pas sur le reste (une église ? pourquoi faire ?), mais non, rien de tout cela. Le maire, parce que c’est bien lui, se retrouve planté devant une foule de curieux qui murmure que c’est tout de même drôle de se marier ainsi, qui pose la question ouvertement devant le peu de famille qui se trouve là… « Mais vous n’étiez pas au courant vous ? »… et bien non, nous n’avons pas été mis dans la confidence, nous nous retrouvons au même niveau que vous, les chers copains de mon fils… comme vous devant un mariage anticonformiste, je crois que c’est le moins qu’on puisse dire, et devant deux jeunes gens de 30 ans accompagnés de 4 témoins au courant et d’un maire qui semble rire jaune devant cette assemblée frigorifiée. Tout est allé très vite ensuite, tant mieux, il faisait si froid, un coup d’œil vers mon mari, décomposé d’assister ainsi au premier mariage d’un de ses enfants, un coup d’œil sur les beaux parents qui ne savent plus s’ils doivent sourire ou pleurer… et moi le sourire un peu forcé, qui m'entends proposer à la fin de la cérémonie, si on peut appeler ça comme ça, de faire une photo de groupe devant la belle plaque marquée Mairie.
Une photo de groupe où tout le monde sourit quand même de cette surprise assez incroyable pour ce mariage dont on se rappellera toute notre vie. N’était-ce pas le but de ce cadeau que nous ont offert nos enfants… ?

dimanche 2 juin 2013

A qui la nuit blanche ?

Est-ce sa faute si ses yeux ne sont pas étanches quand elle dort ? Juste un rai de lumière et elle se réveille, ses yeux sont sensibles à la moindre petite clarté, alors que son conscient s’enfonce dans les abîmes du sommeil. Du coup, elle tourne, elle vire, elle finit même par souffler, et évidemment réveiller l’homme qui dort à ses côtés. Juste un petit faisceau et son conscient reprend le dessus… 
Voilà plusieurs années que ce problème se pose, que les volets se ferment presque automatiquement le soir, comme une cérémonie du coucher et qu’elle sourit à cette petite victoire d’imposer le noir complet à son conjoint depuis si longtemps.
Petite brouille conjugale et un jour le couperet tombe, le reproche jailli : l’homme dit supporter depuis la nuit des temps cet inconvénient et décide du jour au lendemain de clouer les volets ouverts contre le mur et de découper les rideaux en lambeaux pour qu’ils ne se referment plus sur la lumière du petit matin.
Gros coup de blues pour la belle : comment faire pour dormir dans la lumière… quand le jour se permet de pénétrer la pièce, le soleil de montrer sa présence, d’illuminer la chambre sans crier garde, de faire fuir l’obscurité au profit de cet éclat qui tombe jusque sur ses paupières. Devrait-elle ne plus dormir dans le même lit de cet homme ? Ne plus partager la même chambre ? Est-ce une raison valable pour faire chambre à part ?  
Quelques nuits d’essai pour plaire à son amour, la belle accepte de jouer le jeu, de dormir au jour la nuit… enfin de ne pas sauter du lit pour tirer les rideaux dès que la lueur apparaît, dès que la flamme de l’aube s’installe tranquillement dans l’appartement et se joue des paupières perméables de notre héroïne. Quand ce n’est pas la lune qui envoie son reflet jusque sur le visage de notre super nana.  Notre belle Héroïne n’est pas si fière que ça, l’épreuve est de moins en moins à sa portée. Le matin, les cernes lui caressent les joues, son teint blafard lui donne le cafard, et son humeur maussade l’apparente plus à une mégère non apprivoisée, qu’à la gentille épouse d'antan ! 
Ce que lui demande l’homme de sa vie est au dessus de ses forces, il va falloir trouver une solution pour reprendre le dessus de ces insomnies de peur de voir leur couple se déliter dans cette nouvelle configuration de leur tandem. Il est tant d’agir et de trouver LA solution qui va permettre un compromis pour résoudre cette question.
La discussion s’engage,  aucune des deux parties ne veut lâcher le morceau. Il faut dire que depuis que Monsieur se réveille au chant des rayons de soleil, son humeur est légère et sa mine réjouie. Plus question pour lui de revenir en arrière et d’ouvrir un  œil à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et d’être persuadé qu’il vient juste de se coucher. Il se délecte dès l’aurore de la fraîcheur de cet étincellement et se rendort jusqu’à la minute qui précède le cri strident de son réveil matin : heureux, en forme pour une nouvelle journée. Le problème reste entier, la belle a bien essayer de planquer sa tête sous un oreiller sous peine d’étouffer, de serrer très fort cette fine peau qui recouvre ses globes oculaires, rien n’y fait, le sort s’acharne, la lumière transparaît et réveille la belle qui peine alors à retrouver son sommeil.

La solution est à mille lieu d'être trouvée et aucun compromis ne semble leur convenir, le couple s’enlise dans les discussions, puis hausse le ton tour à tour, se dispute carrément et chacun finit dans une chambre. Çà y est, le mal est fait, ils vont faire chambre à part, mais c’est sans compter sur leur amour trop fort l’un pour l’autre. Aucun ne peut se résoudre à laisser l’autre loin de lui, et ils se retrouvent tous deux au même instant, au milieu du couloir, se tombant dans les bras et revenant dans leur chambre nuptiale pour s’allonger sur le lit. Une petite surprise attend la belle : sur l’oreiller trône un drôle de morceau de tissus, comme un masque de Zorro, elle le prend, le retourne, le regarde, puis jette un œil vers son mari… Minaudant, elle ose alors dire : c’est pour moi ?  Puis  dans un sourire et sans attendre la réponse, elle le  pose directement sur ses yeux. Mais pourquoi n’y ont-ils pas pensé plus tôt ? Ils se couchent raccommodés par cette brillante idée et tous deux s’endorment du sommeil du juste l’une dans le noir de son voile et l’autre ravi de savoir que le blanc du jour viendra le tirer de sa torpeur à potron-minet et lui permettra de retomber directement dans les bras de Morphée jusqu'à l’heure d’émerger. 

mercredi 3 avril 2013

C'est simple...


Voilà c’est simple, il suffit de trouver la clé dans le bocal… celui que tu vois à travers la cloison, il ne reste qu’à passer sans problème le labyrinthe et monter la montagne du côté latérale puis revenir à droite et tourner sur le  côté, passer la main au loin juste dans la travée… et ouvrir un système dès que tu auras trouver le code pour faire pivoter le mécanisme qui donnera l’ouverture dans le mur devant toi… tu vois c’est très facile, avance encore un peu de 100 ou 1000  kilomètres et approche de cette fenêtre où tu vois  à travers le bocal qui renferme la clé à l’intérieur, celle qui pourra certainement ouvrir le cœur de ce cerveau qui mélange si bien tout ce qui entre dedans sans y être invité tout ce qui se prend à être une pensée… et forme ce méli-mélo de phrases de mots de sons à composer sans y faire attention. !
Tu vois c’est simple et c’est comme ça qu’il faut faire… se hisser sur la pointe des pieds ou de l’hémisphère et porter dans son cœur, ou faire le plein des poches tous ces jolis mystères qui parfois nous déroutent, qui souvent nous envoûtent, et fait que nos tourments ressemblent à des géants qui nous marchent dessus tous les jours un peu plus… voilà, ainsi c’est possible de gagner de l’avant en retrouvant la clé cachée dans le bocal, si tu peux l’attraper alors tout redevient normal et c’est de l’autre côté que passe l’amiral… l’amiral de ce bateau qui nous conduit à ce bocal… l’ami qui râle sous son chapeau parce que tu as lâché la barre, et celui qui trouves que tu as du culot de te croire le Graal
 alors que tu ne cesses de chercher un bocal…. Avec une clé dedans qui t’ouvrira enfin le cerveau des géants qui te mangent sans fin… sans faim et sans répit ils veulent à tout prix trouver avant toi la clé du paradis…. Et tous ces mots, toutes ces phrases et ces sons ne seront plus que chanson dans ce nouveau pays qu’un jour tu vas trouver de l’autre côté du lit où tu t’endors serein, persuadé que demain tu mettras enfin la main sur cette maudite clé qui ouvre une à une les portes de la vie…
Tu vois c’est simple comme bonjour et tu sauras enfin ce que veut dire toujours….

jeudi 14 mars 2013

Le chat et la souris


Après lecture, je commence à me rendre compte du risque que j’encours à être la souris sur laquelle tu as jeté ton dévolu !
Je trouve que je n’ai pas vraiment le beau rôle dans l'histoire, et à moins de mille ruses de ma part, je pense que la fin du conte ne peut être que celle d’un chat repu d’avoir avalé une souris…

Je vois plutôt un autre déroulement à l’affaire :  après maintes ruses plus ou moins légales et honnêtes de notre bon gros matou, ce chat fatigué, usé, découragé n’arrivant toujours pas à attraper cette satanée souris, qui ne le ménage pas et lui envoie des pieds de nez à longueur de journée, n’en peut plus de cette chasse et catastrophé par ses piteux résultats, se désole sur son sort : il ne mange plus, ne dort plus, il déprime complètement et plus rien ne l’intéresse, même la télé, ne le concerne plus, encore moins les dessins animés de ce bêta de gros Tom auquel il ne veut surtout pas s’identifier… Il pleure donc sur son sort, et maigrissant à vue d’œil, notre adorable souris ne le reconnaît pas, et trouve le jeu un peu trop ennuyant depuis que son matou préféré ne s’intéresse plus à elle….
De son trou de gruyère, elle le voit se morfondre et se demande comment rendre l’énergie et la bonne humeur à ce chat décomposé … quel drame que de perdre son meilleur ennemi, sans avoir terminé la partie.
Un jour, pleine de courage, elle s’approche de lui, sur ses gardes tout de même, de peur que cette accalmie ne soit qu’un piège de la part du matou, elle n’est plus qu’à quelques centimètres du museau dont les crocs reluisent au soleil, mais dont la réaction se fait attendre, en effet, de sa léthargie, il n’est même pas sorti, et les yeux mi clos, il semble bien ailleurs, ce pauvre petit chat malade…
Tellement enfouit dans ses pensées, il ne s’aperçoit pas que l’être tant désiré est si proche de lui, et que de ses petits bras croisés, elle le toise et se demande comment le faire réagir… faisant le tour de sa tête de la pointe de ses petites pattes, la souris, grimpe délicatement sur la pelage du chat, qui ne se retourne pas, tant il est déprimé et sans réaction. Puis prés de son oreille, de sa petite voix, elle se met à lui parler  tout doucement, feignant de n’être que sa conscience. Le gros chat ferme les yeux, et se croyant dans un rêve écoute distraitement cette petite voix venue de nulle part et qui lui dit quelques mots du genre : gros matou, petit chat de gouttière, ton plus grand désir n’est-t-il pas d’attraper cette petite coquine de souris, et de la croquer toute crue ? Ne vois-tu pas que ce jeu t’épuise et qu’elle est bien plus forte que toi ?
 Le chat dans son semi sommeil, lâche quelques larmes et la souris pleine de remords se penche plus avant vers son oreille : je te propose un deal : tu commences par limer tes grosses griffes trop pointues, ensuite, tu râpes tes crocs venimeux contre un mur bien crayeux,  puis, tu oublies ta fierté de gros matou dodu, et tu deviens tout doux comme un agneau, tout gentil comme un ange, tu me ménages une petite place entre tes grosses pattes de velours, où je me loverai alors, délicieusement, sereinement, ne craignant plus rien de tes actes, puisque la violence serait banni de ta personnalité. Tu m’apporterais chaque jour, un morceau de fromage, gruyère ou parmesan, et même du saint Marcellin, ou une bûche de chèvre dont je raffole, puis tendrement tu lécherais de ta langue râpeuse juste comme il faut ma petite frimousse, tous les matins, afin de me réveiller en douceur, et de me laisser m’étirer de plaisir après chaque petite sieste… Tu me caresserais de tes moustaches délicatement sur tout le corps et murmurerais des mots tout doux dans le creux de chaque oreille, mais sans les mordiller, ou alors seulement quand tu sentirais le moment pour le faire, et puis tu ronronnerais de temps en temps, mais pas trop fort, pour ne pas m’empêcher de dormir, juste comme une berceuse, et je fermerais les yeux de douceur, et rêverais aux mille merveilles que j’aimerais que tu me fasses encore….
En échange : je te laisserais m’attraper délicatement de tes deux grosses papattes, et tu pourrais m’avoir constamment à tes côtés, quand tu te lasserais de m’avoir si près et de ne plus faire d’exercice, je ferais semblant de m’échapper, te donnerais juste le fil à retordre qu’il faut pour que cela reste un jeu, et je te laisserais de nouveau me prendre à ton piège, comme une petite souris docile que tu croirais avoir domptée… 
Toujours endormi, le chat opine de la tête, le contrat est signé, il est d’accord sur tous les termes, la souris  est à lui….
Le chat entrouvre les yeux, son odorat ne le trompe pas, c’est bien une souris qu’il sent et ce rêve bizarre qu’il vient de faire ! Il se retrouve tout penaud, tout étourdi comme si une souris lui avait grimpé sur lui pendant la nuit, comme si une petite bestiole de rien du tout, était là sur son dos et lui parlait à son oreille, comme si…. Et à ce moment là, Tom voit Jerry le toiser de haut, enfin plutôt notre gros chat se retrouve devant la plus merveilleuse des souris, à deux mini-mètres de son nez, et comble des souris, elle lui sourit… Il tend un peu la patte, n’y croyant pas, se pince de l’autre le museau, souhaitant ainsi finir ce rêve, mais elle n’a pas bougée, elle est toujours là, le sourire aux lèvres, le regard bizarre, comme si elle était d’accord pour se faire attraper. C’est un piège se dit le félin, dès que je vais tenter une approche plus directe, elle va s’envoler comme une bombe et je vais encore me faire ridiculiser par ce petit bout de rien du tout, à moins que, à moins que…Il ouvre alors la gueule dans l’espoir de la voir s’y engouffrer, et la souris s’approche de ses grosses dents pointues, sans frayeur dans le regard, sûre d’elle, elle ose même lui dire : bonjour mon gros matou chéri, alors bien dormi ? Croyant qu’elle se moque, le chat referme la gueule sur cette effrontée, mais au moment où il croit la croquer il entend à nouveau dans le creux de sa conscience les termes du contrat, que distrait il a signé… Il desserre  alors les crocs et mal à l’aise sourit à cette impertinente, qui bien que vaillante, commençait à croire au pire… Mais se reprenant très vite, elle lui susurre : je suis à toi, dans les termes du contrats, notre deal est en place, montre toi correct et je ferais de même, ne te dérobe pas à ta promesse et nous allons vivre tous les deux des moments plus que fabuleux dans le respect de chacun et peut être plus si affinité…
Et le chat et la souris vécurent heureux pour le restant de leur vie, ils ne firent pas d’enfants, de peur de perturber à nouveau les concessions faites ensemble et de réinstaller entre eux et leur progénitures leurs instincts sauvages.
Il ne serait pas de bonne augure qu’un gros matou mange son petit sous prétexte qu’il ressemble à sa mère….