Savez-vous ce qui se passe à la naissance d’un
petit être ? Quand la vie entre en lui par les poumons et qu’il pousse son
cri de tout son être pour se sentir vibrer et entrer dans la danse…. Savez-vous
que le nouveau-né a une mémoire d’éléphant et lorsqu’il prend son élan pour
plonger dans le vide, il sait d’où il vient, ce qu’il était, ce qu’il vivait
dans les étoiles, ce que les anges lui ont chuchoté. Il sait les milliers de
vies qu’il a dû traverser pour entrer dans celle-ci, il se rappelle toutes les
personnes qu’il a rencontrées, il sait toutes les pensées qui l’ont
traversées quand il était dans les étoiles, quand il volait avec les papillons,
quand il regardait en bas se débattre ces tous petits êtres qu’on appelle les
humains. Il a acquis la sagesse de milliers d’années d’expérience, il a absorbé
toutes les idées qu’il a croisées, il n’a rien oublié des plaisirs et des
souffrances de ces vies antérieures, il a assimilé les douleurs et les bonheurs
comme d’infinies connaissances et lorsqu’il pousse son cri dans le froid d’un hôpital,
il clame à son entourage sa peur de l’inconnu par rapport à tout ce qu’il a
déjà vécu et ce qui l’attend ici-bas… il sait tout ça le temps d’une seconde,
le temps d’un sourire, le temps d’un baiser de maman, le temps de se frotter au
corps chaud qui le cajole… et lorsque le cri se calme, qu’il prend connaissance
de ses parents, de ce lieux où il vient d’atterrir, l’ange qui l’accompagnera
toute sa vie, celui qui sera son ange gardien est là, il le regarde, le
rassure, lui sourit, lui dit qu’il est arrivé à bon port, qu’il va pouvoir
oublier et vivre… se penche sur lui et d’un geste tendre, il lui effleure les
lèvres d’un doigt. Juste à la base du nez, près de la lèvre supérieure,
et descend son index en disant tout doucement à l’enfant : « chut » .Libellés
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mercredi 14 mai 2014
La marque de l'Ange
Savez-vous ce qui se passe à la naissance d’un
petit être ? Quand la vie entre en lui par les poumons et qu’il pousse son
cri de tout son être pour se sentir vibrer et entrer dans la danse…. Savez-vous
que le nouveau-né a une mémoire d’éléphant et lorsqu’il prend son élan pour
plonger dans le vide, il sait d’où il vient, ce qu’il était, ce qu’il vivait
dans les étoiles, ce que les anges lui ont chuchoté. Il sait les milliers de
vies qu’il a dû traverser pour entrer dans celle-ci, il se rappelle toutes les
personnes qu’il a rencontrées, il sait toutes les pensées qui l’ont
traversées quand il était dans les étoiles, quand il volait avec les papillons,
quand il regardait en bas se débattre ces tous petits êtres qu’on appelle les
humains. Il a acquis la sagesse de milliers d’années d’expérience, il a absorbé
toutes les idées qu’il a croisées, il n’a rien oublié des plaisirs et des
souffrances de ces vies antérieures, il a assimilé les douleurs et les bonheurs
comme d’infinies connaissances et lorsqu’il pousse son cri dans le froid d’un hôpital,
il clame à son entourage sa peur de l’inconnu par rapport à tout ce qu’il a
déjà vécu et ce qui l’attend ici-bas… il sait tout ça le temps d’une seconde,
le temps d’un sourire, le temps d’un baiser de maman, le temps de se frotter au
corps chaud qui le cajole… et lorsque le cri se calme, qu’il prend connaissance
de ses parents, de ce lieux où il vient d’atterrir, l’ange qui l’accompagnera
toute sa vie, celui qui sera son ange gardien est là, il le regarde, le
rassure, lui sourit, lui dit qu’il est arrivé à bon port, qu’il va pouvoir
oublier et vivre… se penche sur lui et d’un geste tendre, il lui effleure les
lèvres d’un doigt. Juste à la base du nez, près de la lèvre supérieure,
et descend son index en disant tout doucement à l’enfant : « chut » .mercredi 7 mai 2014
Un anniversaire de plus
Que de bonheur en bâton à savourer toute une journée, puis
une soirée, puis une année par le souvenir de ces moments riches de plaisir et
d’amour. Merci mes chéris de m’aimer ainsi.
lundi 5 mai 2014
Musique Maestro
S’envoler sur une partition
Comme j’aimerai connaître la chanson
Qui permets de s’évader de prison
Et d’échapper aux tourbillons…
Une note, deux notes, trois notes
Et je m’envole, je me dérobe
Je prends le large, je suis la côte
Je ne rentrerai pas à l’aube …
Ecole buissonnière
Serais-je la première
A voler ainsi le temps
De juste quelques instants
D’arrêts sur le piano
D’écouter jouer le beau
De sauter dans l’abîme
Sans avoir le vertige
De monter à la cime
Aller jusqu’à la tige
D’une escapade d’un soir
D’une balade dans le noir
Et ne jamais vouloir
Repartir, revenir
Sans même vraiment savoir
Où je vais pour m’enfuir…
Alors : Musique Maestro !
lundi 14 avril 2014
Écrivains dans un bocal, chapitre 4
Chapitre 4
Lieu : une cave
Action : l’héroïne doit entendre
ou voir quelque chose qu’elle n’aurait pas du
Contraintes d’écriture : elle
doit évoquer un sujet d’actualité de la semaine en cours
Fin
L’incident du mariage n’est
plus qu’un souvenir qui fait sourire et plaisanter Caroline et François chaque fois qu’ils mentionnent ce moment. Il
faut dire que depuis ce samedi soir, leur relation a pas mal évoluée, Ils se
vouvoient toujours, mais rapprochent un peu les distances de subordonnée à
patron par des remarques joyeuses et des fou-rires mémorables. Par contre
Romuald est de plus en plus distant avec elle, il ne cache pas sa hargne de les
voir complices et ne manque pas de faire des reproches de plus en plus souvent
à Caroline. Rien ne va jamais pour lui. Heureusement depuis ce matin, elle a
signé son contrat définitif et n’est plus en observation par ses deux patrons,
mais bien embauchée en CDI et en « bonnet haute forme » comme s’amuse
à lui rappeler François sur le ton de l’humour. Ce François, qui depuis qu’elle
s’est retrouvée à danser avec lui, ne lui est plus tout à fait indifférent. Elle
a adoré être dans ses bras, sa façon de la regarder, son parfum, et même ses
maladresses lorsqu’il lui a marché sur le pied. A force de rapprocher des bouts
de conversation qu’elle entend ici et là, elle a fini par comprendre qu’il est
célibataire. Elle a même mené son enquête auprès du nouveau mari de son amie
Sophie qui lui a apprit plein de choses à son sujet : En plus du vélo, il
est assez sportif, court tous les dimanche matin, il vient de Paris et s’est
installé à Reims depuis son divorce. Il a un fils de 17 ans qu’il ne voit que
rarement. Impossible d’en savoir plus sur son ex-femme, mais qui dit
« ex » dit une relation terminée… Enfin, plein de petits détails qui
remplissent sa boite à secrets et lui permettent de s’envoler vers des contrées
de rêves éveillés où François devient tour à tour l’ami, le confident, et
parfois même l’amant. En attendant, elle a plein de rendez vous à honorer et
depuis quelques jours, elle s’y rend toute seule, comme une grande, sans le
chaperon de Romuald qui commence à comprendre qu’il la drague dans le vide. Leur
dernier tour de clientèle ne s’est pas très bien passé, Il n’a pas arrêté de
faire des allusions à la nouvelle relation de Caroline et François, la
cherchant tant et si bien qu’elle a fini par le laissé en plan dans le dernier
magasin de lingerie, en prétextant un énorme mal de tête.
De retour au bureau, Romuald a vite compris qu’elle lui faisait la tête, à défaut d’avoir la migraine et qu’il n’obtiendrait d’elle que mépris et silence.
De retour au bureau, Romuald a vite compris qu’elle lui faisait la tête, à défaut d’avoir la migraine et qu’il n’obtiendrait d’elle que mépris et silence.
L’affaire entre eux a failli
tourner au désastre quelques jours plus tard.
Caroline, depuis le début de son embauche dans cette boite, se pose des tas de questions sur le but réel de cette entreprise. L’entrepôt d’où partent les commandes est sans cesse fermé à clés, Romuald, qui s’occupe des livraisons, gère l’ouverture et la fermeture de la porte derrière le bureau, et Caroline n’est réellement entrée dans cette pièce qu’une fois ou deux, à peine le temps d’apercevoir les longues étagères où sont stockés les produits. Sa curiosité s’aiguise de plus en plus, les paquets sont lourds et si bien emballés qu’il est impossible de savoir ce qu’il y a dedans. Un soir, vers 17 heures, alors que ses deux patrons sont partis boire un café, juste en face du bureau, elle s’aperçoit que la porte est restée ouverte. Du coup, la voilà qui se faufile dans cette vaste salle, se dirige tout droit vers une petite porte sur le fond et entre dans une sorte de cave sans ouverture vers l’extérieur. Il fait si noir qu’elle se demande s’il est bien raisonnable de s’y aventurer, mais poussée par le désir de savoir ce qui se trame vraiment dans ces lieux, elle tâtonne à la recherche de l’interrupteur. Sa main trouve enfin le bouton et la pièce s’illumine à son contact. D’un coup, devant ses yeux s’étale un véritable atelier. Bien que déserts et poussiéreux, elle se rend compte que les lieux sont occupés de temps en temps. Des mètres de tissus ornent les étagères, elle reconnait dans un coin de la pièce, quelques colis encore emballés livrés depuis peu… des patrons en carton ou en papier sont épinglés sur un métrage, étendu sur une grande table, une paire de ciseaux toute proche, prête à couper, deux machines à coudre industrielles prêtes à servir, et dans le fond de la salle, plusieurs portants remplis de porte manteaux occupés par des vêtements. Caroline s’approche doucement, oubliant qu’elle pourrait être découverte d’un moment à l’autre par un des associés. L’odeur de renfermé ne la dérange pas, elle se demande ce que font tous ces costumes pendus sur ces patères. Pourquoi tout cet étalage d’étoffes de couleurs vives et soyeuses. On dirait comme des costumes de théâtre, elle reconnait des robes d’époque ancienne, des gilets de gentilhomme, les étagères du haut sont couvertes de vieux chapeaux tous aussi excentriques les uns que les autres. Des châles sont pliés, repassés et en pile sur les étagères de dessous à proximité de chemises blanches à jabot en dentelle… Elle tourbillonne dans la pièce, oubliant sa crainte d’être découverte, elle passe d’un vêtement à l’autre surprise de la qualité du travail, envahie par l’ambiance que donnent tous ces habits d’un autre temps. L’évidence lui saute aux yeux : C’est un atelier de fabrique de costumes de scènes… Mais pourquoi tout ce mystère ? Pourquoi une telle manufacture dans la cave de cette entreprise ? Tout en tournant dans les lieux, elle n’a pas entendu le cliquetis de la porte mais le bruit qu’elle fait en se refermant brusquement la fait sursauter. La lumière s’éteint d’un coup, Caroline ne retient pas son cri. En arrêt, comme un animal traqué, elle porte les mains à sa bouche, essaie de calmer les battements de son cœur, se tait et écoute les bruits aux alentours. Elle voudrait refaire le chemin inverse mais dans le noir elle peine à trouver sa route. L’angoisse de se frotter à celui qui lui joue ce tour, la terrorise. Son esprit est emmuré dans des délires de plus en plus grand, comme la vision de celui dont on fait le procès actuellement. Encore ce matin, elle entendait aux information le portrait de cet homme accusé d’avoir tué sa maitresse, un certain Maurice Agnelet, si ses souvenirs sont bons, c’est vrai que c’est un vieux meurtre, mais elle sait qu’il s’en passe tous les jours de bien plus sauvages et sa frayeur est à son comble, elle s’englue dans ses pensées et commence à paniquer vraiment. Son imagination, qu’elle a, en temps normal, débordante, ne se contrôle plus, elle sent que la terre va s’ouvrir sous ses pieds. Elle doit réagir et finit par se persuader que ce ne peut être qu’un tour d’un de ses patrons qui l’a surprise entrain de farfouiller, elle décide d’appeler.
Caroline, depuis le début de son embauche dans cette boite, se pose des tas de questions sur le but réel de cette entreprise. L’entrepôt d’où partent les commandes est sans cesse fermé à clés, Romuald, qui s’occupe des livraisons, gère l’ouverture et la fermeture de la porte derrière le bureau, et Caroline n’est réellement entrée dans cette pièce qu’une fois ou deux, à peine le temps d’apercevoir les longues étagères où sont stockés les produits. Sa curiosité s’aiguise de plus en plus, les paquets sont lourds et si bien emballés qu’il est impossible de savoir ce qu’il y a dedans. Un soir, vers 17 heures, alors que ses deux patrons sont partis boire un café, juste en face du bureau, elle s’aperçoit que la porte est restée ouverte. Du coup, la voilà qui se faufile dans cette vaste salle, se dirige tout droit vers une petite porte sur le fond et entre dans une sorte de cave sans ouverture vers l’extérieur. Il fait si noir qu’elle se demande s’il est bien raisonnable de s’y aventurer, mais poussée par le désir de savoir ce qui se trame vraiment dans ces lieux, elle tâtonne à la recherche de l’interrupteur. Sa main trouve enfin le bouton et la pièce s’illumine à son contact. D’un coup, devant ses yeux s’étale un véritable atelier. Bien que déserts et poussiéreux, elle se rend compte que les lieux sont occupés de temps en temps. Des mètres de tissus ornent les étagères, elle reconnait dans un coin de la pièce, quelques colis encore emballés livrés depuis peu… des patrons en carton ou en papier sont épinglés sur un métrage, étendu sur une grande table, une paire de ciseaux toute proche, prête à couper, deux machines à coudre industrielles prêtes à servir, et dans le fond de la salle, plusieurs portants remplis de porte manteaux occupés par des vêtements. Caroline s’approche doucement, oubliant qu’elle pourrait être découverte d’un moment à l’autre par un des associés. L’odeur de renfermé ne la dérange pas, elle se demande ce que font tous ces costumes pendus sur ces patères. Pourquoi tout cet étalage d’étoffes de couleurs vives et soyeuses. On dirait comme des costumes de théâtre, elle reconnait des robes d’époque ancienne, des gilets de gentilhomme, les étagères du haut sont couvertes de vieux chapeaux tous aussi excentriques les uns que les autres. Des châles sont pliés, repassés et en pile sur les étagères de dessous à proximité de chemises blanches à jabot en dentelle… Elle tourbillonne dans la pièce, oubliant sa crainte d’être découverte, elle passe d’un vêtement à l’autre surprise de la qualité du travail, envahie par l’ambiance que donnent tous ces habits d’un autre temps. L’évidence lui saute aux yeux : C’est un atelier de fabrique de costumes de scènes… Mais pourquoi tout ce mystère ? Pourquoi une telle manufacture dans la cave de cette entreprise ? Tout en tournant dans les lieux, elle n’a pas entendu le cliquetis de la porte mais le bruit qu’elle fait en se refermant brusquement la fait sursauter. La lumière s’éteint d’un coup, Caroline ne retient pas son cri. En arrêt, comme un animal traqué, elle porte les mains à sa bouche, essaie de calmer les battements de son cœur, se tait et écoute les bruits aux alentours. Elle voudrait refaire le chemin inverse mais dans le noir elle peine à trouver sa route. L’angoisse de se frotter à celui qui lui joue ce tour, la terrorise. Son esprit est emmuré dans des délires de plus en plus grand, comme la vision de celui dont on fait le procès actuellement. Encore ce matin, elle entendait aux information le portrait de cet homme accusé d’avoir tué sa maitresse, un certain Maurice Agnelet, si ses souvenirs sont bons, c’est vrai que c’est un vieux meurtre, mais elle sait qu’il s’en passe tous les jours de bien plus sauvages et sa frayeur est à son comble, elle s’englue dans ses pensées et commence à paniquer vraiment. Son imagination, qu’elle a, en temps normal, débordante, ne se contrôle plus, elle sent que la terre va s’ouvrir sous ses pieds. Elle doit réagir et finit par se persuader que ce ne peut être qu’un tour d’un de ses patrons qui l’a surprise entrain de farfouiller, elle décide d’appeler.
- François ? Romuald ? Je suis là, je suis désolée, je n’aurai pas du venir ici… je m’excuse, éclairez maintenant, je sors et oublie tout de suite ce que j’ai vu… Mais c’est peine perdue, personne ne lui répond. Elle continue son monologue, sentant de plus en plus la présence de quelqu’un près de la porte. Elle entend sa respiration, elle devine presque sa forme, elle ne sait plus si elle doit chercher à fuir ou s’avancer vers cette ombre.
- Ca suffit maintenant, je crois que vous m’avez fait assez
peur, allez, rallumez et je m’en vais dit-elle en tremblant et au bord des
larmes.
La lumière se rallume enfin, Caroline éblouie
se retrouve face à Romuald. Il a l’air bizarre, un vilain rictus lui tord le
visage, elle n’arrive pas à définir ce qu’il pense… Est-ce de l’amusement, de
la colère ?
- Romuald, vous m’avez fait une de ces peurs. Ne m’en
veuillez pas, je retourne au bureau, dit-elle, sur un ton le plus neutre
possible. Je vous garantie que je n’ai rien vu d’important, de toutes les
façons je me moque bien de ce qui se trame ici.
Il ne répond pas tout de
suite, se contente de la regarder, lui barre la route, ses yeux sont verts de
gris et plein de morgue. Il semble à Caroline, que s’il pouvait, il lui
lancerait des éclairs. Il est certain qu’il se moque bien de la peur qu’il lui vient
de lui faire puis dans un ton mi-figue mi-raisin il finit par lui lancer :
- Et bien, petite curieuse, je vois que l’avidité de savoir t’a
mené dans la tanière de Barbe bleue. Sais-tu comment ont terminé les 7 femmes
de ce brave barbu ?
- Ne vous méprenez pas, Romuald, je…
- Laisse moi finir, je ne pense pas que tu puisses avoir
droit à la parole alors que tu as outrepassé mes ordres.
- Mais ce n’est pas ce que vous croyez, essaie de plaider
Caroline
- Ca suffit ! s’écrie ce dernier. Je t’avais demandé de
ne pas venir dans cette pièce, pour qui te prends-tu petite fouineuse ?
Penses-tu que nous t’avons embauché pour fureter dans des endroits qui ne te
regardent pas. Tu ne sais pas où tu viens de mettre les pieds…
Et s’approchant vivement de
Caroline, il l’attrape par le poignet sans douceur et la traîne jusqu’à l’entrée de la cave.
- Sors d’ici tout de suite avant que je ne change d’avis et
que je ne te réserve un autre sort que celui de te mettre dehors.
Caroline ne perd pas de temps à discuter et court, traverse l’entrepôt pour retourner dans le bureau. C’est toute essoufflé qu’elle rentre tête première dans son autre patron qui s’étonne de sa fuite.
Caroline ne perd pas de temps à discuter et court, traverse l’entrepôt pour retourner dans le bureau. C’est toute essoufflé qu’elle rentre tête première dans son autre patron qui s’étonne de sa fuite.
- Et bien que vous arrive-t-il Caroline ?
Préférant jouer carte sur
table avec lui, et certaine que Romuald va tout faire pour la licencier
rapidement la voilà qui rétorque
- Je crois que j’ai été un peu trop indiscrète, je ne sais
pas ce qui se fait derrière la façade de votre société, mais je préfère vous
donner ma démission et…
- Votre démission ? Éclate de rire François, juste
parce que ce cher Romuald a été démasqué ? Allons, venez prendre un café
et calmez vous, vous avez droit à quelques explications. Je vais vous les
donner, et tant pis pour mon cher collègue qui aurait du faire débarrasser les
lieux depuis longtemps. Enfin, c’était notre deal d’il y a quelques mois, et
tout est encore comme du temps de son père.
Interloquée par sa
découverte, décontenancée par le discours de François, Caroline fond en larmes
et se retrouve assise sur une chaise en hoquetant
- Je ne voulais pas être indiscrète, je ne sais pas ce qui
m’a prit, je regrette d’avoir poussé cette porte, je ne dirais rien à la
police, je suis désolée, je vais rentrer chez moi et ….
- …Et vous allez arrêter de délirer maintenant, la coupe
François d’un ton un peu plus sec. Votre imagination est sans doute en pleine
activité, mais je crains que vous ne puissiez comprendre ce qu’il en est sans
mes explications. Et l’aidant à se lever, il la pousse gentiment vers la porte
puis jusqu’au bistrot d’en face.
Attablée en face de lui, une bière bien fraîche lui redonne des couleurs. François attend poliment qu’elle se remette de ses émotions puis entame :
Attablée en face de lui, une bière bien fraîche lui redonne des couleurs. François attend poliment qu’elle se remette de ses émotions puis entame :
- Le père de Romuald était un saltimbanque, enfin, il tenait
un théâtre et avec sa troupe, jouait tous les soirs pour un public plutôt
tolérant à mon goût. Romuald est du coup un peu artiste lui aussi, mais surtout
un grand passionné de tout ce qui tourne autour de la scène. Il avait une
admiration profonde pour son père et ne s’est jamais vraiment remis de son
décès. Depuis, il passe beaucoup de temps dans cette « boutique »
spéciale, et reprend un peu le travail de son père, comme lui, il confectionne
des costumes qu’il essaie de vendre, sans trop de succès, à des salles de la
ville ou d’ailleurs. Voilà, il n’aime pas en parler, encore moins avec une
inconnue, qui plus est, une femme. Il ressent cette passion comme une
faiblesse, son père n’a jamais vraiment percé dans le monde du théâtre, d’où la
prolifération des costumes. Son savoir coudre lui vient de lui, tout petit il
restait des heures à le regarder faire des habits Mais vu son côté macho, il a beaucoup
de mal à assumer ce hobby. Vous savez
tout, maintenant si vous souhaitez toujours démissionner, je ne pourrais pas
vous retenir, mais sachez que je le regretterai fortement.
Caroline est abasourdie par
ces curieuses révélations, elle relève le nez de son verre, regarde son patron, il a l’air sincère et
presque amusé de la situation. Ce Romuald lui a vraiment fait peur, comment
continuer de travailler avec lui ? D’un autre côté, elle ne peut se cacher
l’attirance qu’elle a pour son deuxième patron et elle doit bien réfléchir à ce
qu’elle va dire. Romuald semble être un
drôle de personnage, à croire qu’il porte un masque le jour et un autre la
nuit. Reprenant tout à fait ses esprits,
elle sourit à François.
- Alors tous ces énormes colis qui arrivent régulièrement de
plein de régions différentes, ce sont des rouleaux de tissus ?
- Tout juste, il les fait venir par transporteur de
plusieurs pays comme la Turquie ou le Maroc, selon ses besoins, et surtout les
costumes qu’il veut créer. Le problème est la place et l’argent que tout cela
prend, c’est pourquoi je lui ai demandé d’arrêter cette usine qui ne sert pas à
grand-chose, sans compter l’énergie qu’il met à fabriquer des vêtements qu’il ne
prend même pas la peine d’essayer de vendre. Y-a-t-il autre chose qui vous
tracasse Caroline ? Vous voyez que la police n’a rien à faire dans cette
histoire, Romuald est parfaitement en droit de perdre son temps à faire des
déguisements…
- J’ai vraiment dû vous paraître idiote, merci de m’avoir
raconté tout ça
- Et bien maintenant, c’est un peu comme si tu faisais
partie de la famille, reprend-il en la tutoyant… on se tutoie du coup ?
Enfin si ce n’est pas trop difficile de travailler avec des patrons qui
deviennent aussi des amis.
- Pas de problème, répond Caroline, Je crois qu’on va faire
une super famille tous les trois, maintenant que je vous connais mieux. Et
comme dirait Romuald : on va faire un tabac !
De retour au bureau, ils
retrouvent Romuald, la tête dans les mains, le regard fuyant, comme un petit
garçon prit au piège. Caroline s’approche de lui et d’un geste maternel, lui
prend le visage entre les mains et lui claque une belle et grosse bise sur la
joue.
- Je trouve ça formidable Romuald et si tu n’y vois pas
d’inconvénient, non seulement je reste votre commerciale, mais je me fais fort
de trouver des acquéreurs pour les costumes, en plus des sous-vêtements… et
puis j’adore coudre mais ne suis pas des plus douée, par faute de temps, tu m’apprendras
à tes heures perdues ?
Romuald lui sourit, lui prend la main et dans un rire plus franc, il lance
Romuald lui sourit, lui prend la main et dans un rire plus franc, il lance
- J’avais justement besoin d’une essayeuse de costume alors
pourquoi pas une assistante ?
Caroline sait à cet instant
qu’elle vient de se faire un ami, et pourquoi pas un amant de François
lorsqu’il aura enfin comprit ce qu’elle attend de lui.
dimanche 6 avril 2014
Écrivains dans un bocal chapitre 3
Episode 3 : on garde le
même personnage, la même période
Mais les contraintes sont :
Le Lieu : une église
Action : l’héroïne doit
provoquer un accident
La contrainte d’écriture
proprement dite : il faut qu’apparaisse dans le texte ces 4 mots :
salade, montagne, fraise, vélo
Chapitre 3
Le week-end arrive enfin, il
faut dire que Caroline n’avait plus trop l’habitude de se lever régulièrement
si tôt. Depuis quinze jours, elle mène un rythme d’enfer, enfin juste un rythme
d’une employée auquel elle doit se faire. Curieusement ses parents ne sont pas
vraiment heureux de la voir travailler. Caroline finit par se dire qu’ils
n’étaient pas si mécontents de partager leur temps avec elle, entre un père qui
se sauve à la pêche avec des copains constamment et une mère qui s’ennuie ferme
chez elle, elle était un bon divertissement pour eux et redonnait un peu de vie
dans cette grande maison. Mais bientôt, elle va pouvoir enfin se prendre en
charge et réintégrer une vie normale, réinstaller son petit coin à elle et ne
plus dépendre de ces chers parents qui lui pèsent un peu trop.
Une phrase de plus l’a mis à l’envers ce matin lorsque Caroline a
prévenu qu’elle n’était pas là aujourd’hui suite à une invitation au mariage de son amie Sophie.
- Et bien comme quoi tout peut arriver, si même Sophie se
case enfin, ça devrait pouvoir t’arriver à toi aussi … réplique sa mère avant
de replonger dans ses mots croisés.
Comment supporter encore longtemps ce genre de sarcasmes ? Caroline se sauve plus qu’elle ne part et ravale ses larmes ainsi que les quelques paroles désobligeantes qu’elle lancerait bien à sa mère, fatiguée de l’entendre se lamenter sur tous les petits enfants qu’elle ne lui a pas encore fait…
Comment supporter encore longtemps ce genre de sarcasmes ? Caroline se sauve plus qu’elle ne part et ravale ses larmes ainsi que les quelques paroles désobligeantes qu’elle lancerait bien à sa mère, fatiguée de l’entendre se lamenter sur tous les petits enfants qu’elle ne lui a pas encore fait…
L’église est bondée, caroline
est en retard, une habitude qu’elle doit vraiment combattre. Elle se faufile un
peu, cherche des yeux les copines qui font partie de leur bande depuis leur
jeunesse. Une blonde échevelée lui fait signe, et permet à Caroline de s’asseoir
derrière un pilonne. Dommage, elle ne voit pas grand-chose du mariage, mais
elle est contente à l’idée qu’elle a une chance de s’amuser ce soir. Et puis
elle a plein de choses à raconter à ses amies qu’elle avait négligées ces
derniers temps, déprimée qu’elle était et de mauvaise compagnie comme elle se
plaisait à leur dire à chaque appel de leur part. Elle a enfin reprit un statut
social, elle ne pointe plus au pôle emploi et sa vie est redevenue
intéressante. Le sourire aux lèvres, c’est à peine si elle écoute le sermon du
prêtre, elle s’autorise même à penser que la chance tournant pour elle, elle
rencontrera peut-être enfin l’homme de sa vie et fera plein de petits enfants à
sa mère. Si dans les églises, les pensées sont des prières, alors elle n’a pas
fini de s’adresser aux anges et lorsque la musique de sortie s’élève, elle
redescend sur terre et se sent toute guillerette.
- Mais tu es resplendissante ! C’est cette mielleuse
de Romane qui lui sort sa phrase fétiche, avec elle tout le monde resplendit, à
croire qu’elle vit illuminée par ses rencontres, Caroline la délaisse très vite
pour aller embrasser la mariée.
- Félicitations ma chérie, lui souffle-t-elle dans la nuque
en l’embrassant, comme je suis heureuse pour toi
- Merci, merci, je suis sur un nuage et Cédric est le
meilleur des hommes, répond celle qui venait de dire « oui » pour la
vie. Je te souhaite le même bonheur Caroline. Tu sais où se situe la
soirée ?
- Oui, j’ai mis l’adresse sur mon GPS, ne t’en fais pas, je
ne me perdrais pas, je ne resterai pas très tard tu sais...mais elle n’a pas le
temps de finir sa phrase, la mariée est happée par le défilé des félicitations
et Caroline se retrouve sur le pavé de
l’église un peu étourdie par tant de monde.
Une fois dans sa voiture,
l’émotion qu’elle ressent est si forte qu’elle se retrouve inondée de larmes,
elle sait bien que ce n’est pas le moment de se laisser aller, que son rimmel
va couler, que ses yeux seront rouges d’ici deux minutes mais c’est plus fort
qu’elle. Ce mariage la déstabilise, qu’est-ce que ce sera après quelques verres
se dit-elle, en s’efforçant de faire disparaître sur son visage toute trace de
tristesse. Allez, ma grande, reprend-toi, tu as une nouvelle vie devant toi et
il doit bien exister sur terre un prince malheureux de ne pas rencontrer une
princesse de trente cinq balais et de lui faire plein de gosses.
La soirée se poursuit
lentement, Caroline est coincée entre une mamie qui a décidé de lui parler de
ses petits enfants, les énumérant un par un, listant toutes leur qualités, les
décrivant comme les plus beaux enfants du monde et le vieux tonton, ancien
guide de montagne qui inlassablement lui parle des courses qu’il a fait quand
il était jeune. Le nez dans sa salade de fruits, elle a hâte que ce repas se
termine et trie les morceaux de fraises un par un, histoire de se donner une
contenance et de faire passer le temps.
Enfin de la musique, la
mariée entame quelques pas de valse avec son père, le marié avec sa mère. Les
traditions ont la vie dure dans cette famille. Caroline s’est levée de table et
se rapproche d’un groupe d’amis qu’elle connait depuis bien longtemps.
- Oh, Caro, tu étais où ? C’est quoi ce plan de table, on dirait que Sophie a tout fait pour séparer ses amis…
- Oh, Caro, tu étais où ? C’est quoi ce plan de table, on dirait que Sophie a tout fait pour séparer ses amis…
- Pas si facile de contenter tout le monde, crie Caroline
dans ce brouhaha, et tirant par la manche sa copine Bénédicte, elle l’entraîne
dans la danse, viens s’égosille-t-elle, le disque-jockey a enfin compris, place
aux jeunes…
Elle danse depuis quelques
minutes, lorsque son regard s’arrête sur un homme qui vient de rentrer dans la
salle. Caroline se retrouve dans la seconde qui suit, en arrêt, ces hommes ne
sont autres que François et son cher associé qui le suit comme une ombre.
- Aie, glisse-t-elle à l’oreille de Bénédicte, je ne veux pas voir ces deux hommes, ce sont mes nouveaux patrons, je me demande bien ce qu’ils font là, je ne les ai pas vu à l’église tout à l’heure.
- Aie, glisse-t-elle à l’oreille de Bénédicte, je ne veux pas voir ces deux hommes, ce sont mes nouveaux patrons, je me demande bien ce qu’ils font là, je ne les ai pas vu à l’église tout à l’heure.
- Je crois que le plus grand est un ami du marié, tu as
enfin un travail ? Et tu fais quoi, cachotière ? Et sortant de la
piste, les voilà se repliant dans un coin de la salle.
- Tu es toute blanche, Caro, que t’arrive-t-il ?
- Je ne me sens pas bien, je crois que je vais rentrer, et
puis je ne tiens pas à me retrouver nez à nez avec eux.
- Tu veux que je te raccompagne, tu n’as pas trop bu ? Ça va aller ?
- Tu veux que je te raccompagne, tu n’as pas trop bu ? Ça va aller ?
- Oui, oui, ne t’inquiète pas, je vais juste faire un tour,
prendre un peu l’air.
- Ok, je retourne danser, lance Bénédicte qui
l’abandonne près de la porte.
Caroline est dehors, elle respire un grand coup, elle n’est pas très sure d’avoir envie de se voir inviter à danser par ce Romuald qui lui fait suffisamment de gringue au bureau, sans en plus lui donner l’occasion de la peloter sur une piste de danse. Elle décide de partir et retournant dans la salle pour récupérer ses affaires, elle ne voit pas le fil électrique posé par terre. Elle se prend les pieds dedans, titube puis tombe et tirant sur le fil par sa maladresse, elle entraîne l’enceinte posée juste vers la sortie. Celle ci s’ébranle et finit par tomber sur une dame assise qui portait son verre à ses lèvres et ne se doutait pas qu’une baffe allait lui tomber sur la tête. Cette dernière surprise se met à crier, Caroline, par terre elle aussi, se relève et se retrouve apostrophée par le mari de cette dame
Caroline est dehors, elle respire un grand coup, elle n’est pas très sure d’avoir envie de se voir inviter à danser par ce Romuald qui lui fait suffisamment de gringue au bureau, sans en plus lui donner l’occasion de la peloter sur une piste de danse. Elle décide de partir et retournant dans la salle pour récupérer ses affaires, elle ne voit pas le fil électrique posé par terre. Elle se prend les pieds dedans, titube puis tombe et tirant sur le fil par sa maladresse, elle entraîne l’enceinte posée juste vers la sortie. Celle ci s’ébranle et finit par tomber sur une dame assise qui portait son verre à ses lèvres et ne se doutait pas qu’une baffe allait lui tomber sur la tête. Cette dernière surprise se met à crier, Caroline, par terre elle aussi, se relève et se retrouve apostrophée par le mari de cette dame
- Dites-donc, mademoiselle, vous ne pouvez pas faire attention,
vous avez failli tuer ma femme
Dans la salle pleine de
monde, le temps s’est arrêté, Caroline, rouge de confusion voudrait passer par
le trou d’une souris et disparaitre, la musique est stoppée, les gens
commencent à affluer vers la victime.
- Je suis médecin, laissez moi passer, interpelle un homme
qui s’approche de celle qui se plaint de la tête, j’ai bien peur qu’il faille
vous emmener à l’hôpital, recevoir une masse pareille sur la tête peut
provoquer un bon traumatisme. J’appelle les pompiers.
- Je suis désolée, essaie de dire Caroline, mais personne ne
l’entend, elle qui voulait partir discrètement, vient de provoquer un accident…
elle a envie de pleurer, elle ne sait que faire. Se retournant vers son sac
qu’elle attrape rapidement, elle marche le plus vite qu’elle peut vers la
sortie. Un homme vient de la prendre par le bras, l’entraînant gentiment à
l’extérieur, elle se laisse guider comme étourdie, elle n’a même pas vu que son
genou saignait, elle veut juste s’en aller et rentrer chez elle.
- Et bien, pour une surprise, c’est une surprise, et de
taille avec tout ce vacarme, on peut dire que vous êtes un sacré trouble fête
ce soir, sourit son cavalier… qui n’est autre que François. Allez, venez, en
plus vous boitez, on va regarder ça. Ne vous en faites pas pour cette dame,
elle n’est pas morte, elle vient juste de prendre une baffe, on s’en remet,
croyez moi. Il faut dire qu’ils auraient pu éviter les fils qui trainent dans
une soirée dansante, vous pourriez presque porter plainte contre le DJ.
Cette dernière remarque
arrache un sourire à Caroline qui semble avoir perdu sa langue.
- Caroline, je ne savais pas que vous connaissiez Paul, lui
dit François, c’est un super copain, nous faisons du vélo ensemble depuis des
années. Je ne vous avais jamais vu avec lui.
- C’est peut-être parce que je suis amie avec Sophie, la
mariée, lui rétorque Caroline en retrouvant ses esprits. Je suis vraiment
navrée d’avoir provoqué cette catastrophe, je voulais juste prendre mon sac et
partir.
- Partir, alors que la fête ne fait que commencer… allons,
écoutez, ils ont remis la musique, vous voyez, rien de bien grave, allez venez,
je vous invite à danser, si votre jambe vous le permet évidemment.
- Et bien, je ne sais pas, je suis un peu fatiguée et…
- Pas de chichi, vous n’allez pas refuser une danse à votre
nouveau patron… Et il l’entraîne dans un slow que vient tout juste de relancer
le DJ…
mardi 1 avril 2014
Ecrivains dans un bocal chapitre 2
Suite de la nouvelle des écrivains dans un bocal : http://tudinescesoir.wordpress.com
Contrainte du chapitre 2
Lieu : un magasin de
bricolage
Action : votre héroïne
fait une découverte et doit évoquer l’auteur suédois Henning Mankell
Chapitre 2
Petit tailleur noir, chemisier blanc col Claudine, Caroline
arrive essoufflée à son nouveau travail.
Elle est à l’essai depuis quinze jours chez Romuald et François, ses deux
patrons et est devenue pour eux leur commerciale exclusive. Cette société vend
des sous-vêtements que ses patrons font venir de Taiwan et qu’ils revendent à prix d’or comme le nec plus ultra de la
mode du moment. Dentelle, petits boutons
nacrés, soutien-gorge et nuisettes non presque plus de secret pour elle. Les
gammes sont diversifiées et les couleurs variés, tout cela pour dire qu’elle
n’a guère le temps de s’ennuyer depuis son arrivée dans cette boite.
Elle relève de moins en moins ses cheveux qui tombent en
cascade sur ses épaules, elle s’habille plus « féminine » comme le
lui a demandé Romuald lors de leur entretien éclair dans un bar. Elle a d’ailleurs
bien remarqué les regards en coin que lui jette ce dernier lorsqu’elle passe la
porte le matin, elle a presque l’impression qu’elle est nue, tant il l’a
déshabille du regard et depuis quinze jours qu’elle est là, elle ne s’y habitue
pas vraiment. Mais elle est prête à faire l’effort de ne rien dire tant elle
est heureuse d’avoir son bureau. Quel bonheur de se retrouver dans le monde du
travail, elle n’arrive toujours pas à croire à sa chance, elle devrait pouvoir
prendre un appartement pour elle toute seule d’ici peu, en tous les cas à la
fin de cette période d’essai qui se passe pas trop mal. Elle occulte
volontairement tout ce qui la dérange et ne veut pas trop chercher à comprendre
d’où vient la marchandise. Elle a bien découvert des petites choses un peu
louches, comme des adresses bizarres sur les paquets qui arrivent presque tous
les jours, la forme des colis qui ne semblent pas forcément contenir des
sous-vêtements, et cette interdiction formelle de la part de Romuald d’ouvrir
les emballages et de rester trop longtemps dans l’entrepôt lui laisse penser
que tout n’est pas vraiment net dans cette société. Aura-t-elle un jour l’explication à ces
mystères ? Tout ce qu’elle sait pour le moment est dans le dossier que lui
a remis Romuald. Un dossier qui explique
simplement le travail qu’elle doit faire et la liste des magasins de
lingerie à appeler, à qui elle doit proposer les produits et décrocher des
rendez-vous qu’elle honorera au début avec l’un de ses patrons, puis toute
seule quand ils la lâcheront comme une grande dans la jungle de la vente. Elle
a une liste de tous les magasins de la région et commence à remplir son carnet
de rendez-vous à force de coup de fil et de persuasion. Dans tous les cas, elle
a besoin de ce travail et remet à plus tard une enquête qui pourrait ne lui
amener que des ennuis.
Caroline est plongée dans l’ordinateur et ne voit pas
Romuald appuyé au chambranle de la porte en observation depuis quelques
minutes. Lorsqu’elle se retourne, leurs regards se croisent, il la dévisage
carrément et Caroline baisse les yeux, comme elle le fait chaque fois. Elle ne
va tout de même pas se plaindre qu’un homme s’intéresse à elle, ça fait bien
trop longtemps que cela n’est pas arrivé, alors elle se contente de rougir un
peu et reprend contenance quand Romuald lui lance :
-
Caroline, aurais-tu la gentillesse de faire une
course pour nous, François et moi sommes entrain de monter l’étagère pour
l’entrepôt et il nous manque quelques vis.
-
Oui, bien
sur, j’y vais… le magasin de bricolage est tout prêt, j’en ai pour une seconde
-
Mets ce que tu prendras sur le compte, on
t’attend, merci Caroline.
Il avait dit merci en traînant un peu sa voix et dans un
sourire mielleux tout en lui glissant dans la main un exemplaire d’une vis…
et du coup, elle se demande si leur relation ne prend pas un tour un peu
dangereux. Mais elle tient tant à sa place qu’elle ne veut surtout pas
s’offusquer et prenant son sac, elle lui passe devant, il se recule d’un pas et
ne se gène pas pour suivre son déhanchement d’un regard sans vergogne.
-
Quel drôle de type, pense-t-elle… je préfère son
associé, au moins lui me respecte et ne me reluque pas ainsi.
Une fois à Bricorama, la voilà qui oublie son trouble et
circulant dans les rayons elle cherche les vis en question. Comme celles
qu’il lui faut sont sur la dernière étagère, elle monte sur la pointe des
pieds, et essaie d’attraper ce qu’elle est venue chercher. Bien occupée à ne
pas perdre l’équilibre, montant le pied sur le rayon du bas, elle ne voit pas
l’ombre qui s’approche d’elle et du coup, sursaute lorsqu’une main vient se
poser sur sa taille.
-
Laisse moi t’aider, la surprend Romuald, je t’ai
suivi, je n’étais pas certain que tu trouverais et…
Vraiment surprise, Caroline descend précipitamment de son
escabeau de fortune, se recule d’un
geste vif, se dégage rapidement, et s’exclame :
-
Mais j’aurai trouvé toute seule, pourquoi
m’envoyer vous chercher des visses si vous venez avec moi ?
-
Je me suis dit que ce pouvait être l’occasion de
se voir en dehors du magasin, François est tellement souvent derrière nos
basques, j’ai bien vu que cela te gênais et que tu ne peux pas vraiment
répondre à mes œillades… non ?
-
Quelles œillades ?, je suis chez vous pour
travailler, pas pour flirter il me semble
-
Oui, bien sur, mais les deux ne sont pas incompatible
et puis il me semble que l’on s’est plu tout de suite non ? au bar déjà
j’ai bien remarqué comment tu me regardais et comment tu avais envie que je
t’embauche, d’ailleurs dans l’intimité tu peux me tutoyer…
-
L’intimité, quelle intimité ? J’ai seulement
besoin d’un travail, je crois que vous vous m’éprenez, je dois retourner au
bureau, j’ai des coups de fil à passer !
Et sur cette dernière phrase, elle s’avance vers le
comptoir, pose la boite sur le tapis roulant en demandant à la caissière de
mettre cela sur le compte de la société R & F. Récupérant ses achats, elle
sort précipitamment et essaie de devancer Romuald pour entrer au bureau le plus
rapidement possible. Peine perdue, il est déjà là, à lui ouvrir la porte…
choisissant l’humour pour éviter de laisser s’installer entre eux un malaise,
elle se force un peu à sourire et lui rétorque :
-
Vais-je devoir faire appel aux services du
commissaire Vallander ?
-
de qui parles-tu ? répond Romuald étonné,
-
De rien, de rien, je plaisantais, j’invoquais
l’aide du héros d’un auteur de livre policier
-
De quoi parlez-vous ? intervint François
qui les voyant rentrer, s’avance vers eux,
tu t’intéresses à la lecture Romuald ? c’est nouveau ça….
-
Oh, je faisais référence à un de mes héros
favoris, le commissaire Wallander, mais il semble que François ne le connaisse
pas.
-
Le commissaire Wallander ? ah, super,
j’adore les romans de Henning Mankell,
vous avez des lectures sympas Caroline, il faudra qu’on en parle, reprend François
et attrapant par le bras Romuald, dont la mou prouve sa déception de n’avoir pu
répondre à Caroline lui même, il lance à son collègue :
-
Tu viens, on a du boulot sur la planche nous,
merci Caroline, on vous laisse à vos commandes…
Caroline de nouveau à son bureau est méditative. Cette place
lui plait, le travail est ce qu’elle aime et ce qu’elle sait faire, mais ce
type lui fait un peu peur… arrivera-t-elle à résister à ses avances ? Et
puis sa façon de la tutoyer alors que son autre patron la vouvoie, est-ce bien
normal ? Elle a hâte d’être embauchée définitivement afin de pouvoir
s’imposer un peu plus et mettre du coup un terme à ce malaise. En attendant,
elle aussi a du boulot sur la planche.
lundi 31 mars 2014
Comme Prévert
Ce qu’on peut voir
comme ça
A travers les
tableaux de maîtres
Et les toiles de
peinture
Des petits maîtres
de rien…
Tenez, regardez par exemple
De Camille Corot
Avec ses chevriers des Iles Borromées
Sous les arbres tempête
Qui se déchaînent en vain
Pour accueillir
sous leurs branches
Trois figures de Picasso
Dans la chambre de
Van Gogh
Dont le lit de
guingois
Accueille deux
amants
Cacher sous les draps blancs
D’un Magritte pudique
Et qui proche de
Toulouse
Se donnent le
baiser
Qui changera leur
vie
Comme ces scènes en
couleur
Va tremper au
moulin de la Galette
Avant de prendre le
large
Sur un bateau à
voile
De Moona B, prudente,
A petits pas de
géant,
Sur la mer des
sourires
Et donnera à jamais
Du fil à tordre de
rire…
puisqu’on peut
se prendre pour un Prévert,
pourquoi pas pour un grand maitre !
le rêve n’a
pas de limite….
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